Reprendre, c'est aussi entreprendre

Journaliste Entreprendre

Les derniers chiffres sur les transmissions d’entreprises en Wallonie sont encourageants. Mais il reste tant à faire pour aider les jeunes à reprendre des entreprises, tant du côté des pouvoirs publics que des... entrepreneurs eux-mêmes

Appelez ça comme vous voudrez: transfert d’activité, reprise de fonds de commerce… il faut bien que quelqu’un s’y colle. Pourquoi? Parce que selon les chiffres officiels, 100.000 emplois wallons sont potentiellement concernés par la transmission d’entreprises, à cause de l’âge du dirigeant (ou de la dirigeante). Près d’une entreprise familiale wallonne sur cinq serait concernée à court terme. Pire, plus de huit entreprises familiales sur dix ont potentiellement des difficultés à céder leur activité.

Ces difficultés – juridiques, fiscales, administratives, tant pour les repreneurs que pour les cédants, ne sont pas à négliger. Ce que l’on a moins l’habitude de prendre en considération, en revanche, c’est l’opportunité. Reprendre une entreprise, c’est la possibilité d’y insuffler une nouvelle ambition d’expansion internationale, de nouvelles priorités en matière de durabilité, voire un nouveau modèle de gouvernance – une forme de transmission peut aussi impliquer de l’actionnariat salarié (comme chez Technord, par exemple, entreprise de l’année 2023) qui permettent de mobiliser les employés.

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Avec 428 transmissions l’année dernière en Wallonie, les chiffres sont (eh oui!) plutôt encourageants. L’âge des cédants diminue, ce qui est une bonne chose. Et tout le monde s’accorde sur une intention: faire de la place aux jeunes. Leur donner davantage envie d’entreprendre, en témoigne l’objectif pour l’année académique prochaine de 100.000 jeunes sensibilisés via le programme "Générations Entreprenantes", piloté par Wallonie Entreprendre.

"Pour huiler la courroie de transmission et inciter les jeunes wallons à entreprendre, sans forcément partir d'une feuille blanche, il faudra accepter que reprendre une entreprise, c’est aussi pouvoir innover. Que reprendre, c’est aussi entreprendre."

Plus que des discours, il faut des moyens

Un bémol, toutefois. L’incantatoire ne suffira pas. En appeler à une nouvelle génération de jeunes repreneurs, ne pourra se faire - un peu comme pour l’accès à la propriété immobilière - que si la chose n’est pas réservée à ceux qui ont la chance de disposer d’un capital de départ. Entreprendre, ce n’est pas qu’un "esprit", c’est aussi une réalité de moyens disponibles (ou accessibles) ou non.

Côté entrepreneurs, aussi, il y a une responsabilité. Nombre d’entre eux hésitent en fin de carrière à investir dans la modernisation de leur entreprise. "À quoi bon? Si cela ne profite qu’au repreneur?", entend-on d’ici. Sauf que retarder ces investissements est dommageable pour la valeur des activités. C’est un peu comme ne pas entretenir sa maison et déplorer l’absence d’acheteurs quand on veut la vendre.

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Pour huiler la courroie de transmission et inciter les jeunes wallons à entreprendre, sans forcément partir d'une feuille blanche, il faudra accepter que reprendre une entreprise, c’est aussi innover. Que reprendre, c’est aussi entreprendre.

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