Reprendre le contrôle de notre destin énergétique

Rédacteur en chef adjoint

Notre pays fait face, désarmé, à la première grande crise énergétique du siècle. Il y en aura d’autres. Alors, outre l’aide ponctuelle à la population en difficulté, il est temps de reprendre notre destin énergétique en main.

La facture énergétique des Belges est en surchauffe, et pendant ce temps, le gouvernement fédéral patine, procrastine, dérape. Ce vendredi, il a une nouvelle fois buté sur son aide d’"urgence", et faute de solutions, le portefeuille de la population la plus exposée continue de se vider. Un échec de plus, dira-t-on. Si seulement, ironisera un autre, toute cette énergie dépensée par nos ministres en kern, réunions, ballons d’essai, retoquages, pouvait être recyclée en électricité… Eh bien oui, prenons l’ironiste au mot, et tentons ceci : que le temps passé en querelles de clocher soit consacré à un autre défi, visionnaire et inclusif : celui de la reprise en main de notre destin énergétique. Car si nous en sommes là, c’est aussi parce que notre architecture énergétique est ouverte à tout vent.

De trop nombreux paramètres échappent effectivement à notre contrôle. La facture d’abord. Nous l’avons déjà écrit dans ces pages, tous les niveaux de pouvoir de notre pays y prélèvent leur dû. Avec la conséquence que l’on connaît : le Fédéral se contorsionne pour redistribuer sa propre ponction, sans réussir à en gommer les effets de bord. D’où la foire d’empoigne politique. Ne devrait-on pas tout remettre à plat, avec tous les acteurs, pour rationaliser nos factures énergétiques ? Et s’inspirer notamment de l’Allemagne, du Royaume-Uni et d’autres pays européens qui songent à en sortir le coût de la transition énergétique pour le faire glisser, de manière plus juste, du consommateur au contribuable ?

Notre histoire nucléaire nous a montré combien il était difficile de traiter avec une entreprise étrangère. Que dire de notre dépendance aux marchés du gaz qui ne fera qu’augmenter ?

Côté approvisionnement, notre équilibre énergétique n’est pas mieux balancé. Notre histoire nucléaire nous a montré combien il était difficile de traiter avec une entreprise étrangère. Que dire de notre dépendance aux marchés du gaz qui ne fera qu’augmenter ? Et du renouvelable ? Son intermittence nous forcera à compter sur les disponibilités de nos voisins. Or nous avons vu récemment combien certains pays comme la France peuvent devenir des partenaires peu fiables.

Il nous faut donc développer des alternatives et ce, sur notre territoire. Les communautés d’énergie peuvent nous y aider par exemple, certes de manière marginale. Dans son plan de relance, la Wallonie y consacre 10 millions d’euros, mais on attend toujours l’avis de diverses instances. Une entreprise comme EnergyVision en a vu le potentiel en Flandre et à Bruxelles, et elle compte s’étendre sur tout le territoire avec Marc Coucke à son bord.

Ces exemples montrent que des pistes existent. Encore faut-il faire preuve d’inventivité et de mise en commun d’idées. La bonne nouvelle, c’est que le Fédéral en est conscient. Dans son interview dans L’Echo, Tinne Van der Straeten en appelle à un dialogue avec les Régions sur le renouvelable. Cessons alors de nous perdre en apories, et passons de la gestion politicienne actuelle, chaotique, à une gestion responsable.

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