Revoir la clé de répartition

Le plan de transport de la SNCB recalé en Wallonie.

Après analyse, la Wallonie vient de recaler le nouveau plan de transport 2017 de la SNCB. Les autorités du sud du pays mettent en avant plusieurs éléments pour justifier leur refus, notamment l’insuffisance du futur budget d’un milliard qui sera consacré notamment aux travaux du RER. Vu l’ampleur des chantiers encore à réaliser en Wallonie (environ 550 millions d’euros), ceux en Flandre (150 millions) et l’application de la clé 60/40, la Wallonie arrive à la conclusion (évidente?) que sa part dans l’enveloppe d’un milliard sera insuffisante pour achever les travaux du RER sur son territoire.

L’application de la clé 60/40 est archaïque et pénalise surtout l’usager du rail, qu’il soit Bruxellois, Flamand ou Wallon.

Cette analyse prouve, s’il en est encore besoin, que l’application de la clé de répartition 60/40 est dépassée. Elle suppose qu’il faut réaliser 60% des investissements ferroviaires en Flandre contre 40% en Wallonie. Bruxelles est en dehors de la clé.

L’application de la clé de nos jours est d’autant plus archaïque et saugrenue que les investissements ferroviaires dans le nord du pays sont pratiquement terminés. Elle ne colle donc plus avec la réalité et doit être abandonnée ou à tout le moins fortement revue. C’est une question de réalisme et d’objectivité. S’accrocher encore à l’application de la fameuse clé 60/40 relève d’une vision communautariste d’un autre temps et négative. Elle bloque des investissements en Wallonie. Or, vu l’interconnexion du réseau ferroviaire belge, pénaliser le rail wallon ne fera pas plus avancer le flamand.

Cette clé est une déperdition d’énergie pour les responsables de la SNCB et d’Infrabel, qui doivent à chaque fois effectuer des ajustements tatillons pour éviter critiques et procès d’intention. Les calculs communautaires n’ont pas leur place dans les investissements ferroviaires. Il faut juste réaliser ceux-ci là où ils sont pleinement justifiés sans tout le temps couper les cheveux en quatre pour rentrer dans les rails. Sauf si le vœu caché de certains responsables politiques est de créer progressivement un réseau à double vitesse. C’est un calcul à courte vue car c’est l’usager du rail qui y perd, qu’il soit Bruxellois, Flamand ou Wallon.

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