Salaire des patrons, dernier acte ?

Martine Maelschalck, Rédactrice en chef de L'Echo ©Doc

Tout vient à point à qui sait attendre, la Commission européenne a décidé de réguler les bonus des dirigeants d’entreprise. On en parlait depuis au moins quatre ans, depuis l’éclatement de la crise financière. Mais la limitation des bonus fait partie d’une vaste réforme bancaire, qui a elle aussi peiné à voir le jour. Sans entrer dans les détails, le projet des institutions européennes en matière de bonus prévoit deux choses : il plafonne les montants par rapport au salaire fixe ; et il impose de demander l’avis des actionnaires en cas de dépassement de cette limite. Inutile de dire que ce point de la réforme bancaire a fait l’objet d’âpres discussions, et qu’il indispose toujours certains Etats membres, à commencer par le Royaume Uni, soucieux du bien-être des banquiers de la City de Londres.

Et pourtant, d’autres paradis de la finance ont décidé de changer leur fusil d’épaule. C’est le cas de la Suisse, où l’on votait ce week-end sur une proposition visant à supprimer un certain nombre de primes destinées aux dirigeants d’entreprises et surtout à donner aux actionnaires le dernier mot sur la rémunération des patrons. Au pays des banquiers, il a évidemment fallu du temps pour mettre la votation sur les rails. Mais l’actualité récente (une clause de non-concurrence de 58 millions d’euros pour le patron de Novartis) a probablement été la goutte qui a fait déborder le vase. Et puis, si la Suisse décide de se refaire une virginité en matière de gouvernance, elle ne veut pas faire les choses à moitié.

Et en Belgique ? Eh bien, plus grand-chose... Après avoir été à la pointe du combat en annonçant une limitation des salaires des patrons d’entreprises publiques, le gouvernement semble reculer devant l’obstacle. Il est vrai que s’il s’agit de toucher aux entreprises privées, la marge de manœuvre de l’Etat est beaucoup plus étroite. C’est bien pour cela que l’Europe comme la Suisse ont choisi de confier la décision finale aux actionnaires. Qui sont finalement les véritables propriétaires de l’entreprise et qui doivent savoir ce qu’ils veulent faire avec leur argent.

Lire également

Publicité
Publicité
Publicité

Messages sponsorisés

Messages sponsorisés