Publicité

Salon de la sinistrose à Detroit

Hier dimanche, le salon de Detroit, le plus grand salon automobile du monde, a ouvert ses portes dans le climat le plus lugubre qu'il ait sans doute connu depuis sa création. Les ventes de voitures aux Etats-Unis ont chuté de 18% en 2008, pour attendre leur plus bas niveau depuis 1982, une année de récession.

Bruxelles (l'Echo) - Hier dimanche, le salon de Detroit, le plus grand salon automobile du monde, a ouvert ses portes dans le climat le plus lugubre qu'il ait sans doute connu depuis sa création.

Victimes à la fois de la crise du crédit -pour acheter une voiture, la plupart des consommateurs doivent emprunter-, de la récession économique et d'erreurs dans leur propre stratégie, les constructeurs américains General Motors, Ford et Chrysler, ceux que l'on appelle les " trois grands de Detroit ", ont été particulièrement malmenés l'an dernier.

Les ventes de voitures aux Etats-Unis ont chuté de 18% en 2008, pour attendre leur plus bas niveau depuis 1982, une année de récession.

GM et Chrysler ont même été contraints de faire littéralement le siège du Congrès américain pour obtenir du bois de rallonge destiné, tout simplement, à assurer leur survie. Un emplâtre sur une jambe de bois, disent les plus pessimistes, et qui ne devrait servir qu'à retarder l'échéance. Difficile pourtant de faire autrement : les " Big Trhree " de Detroit occupent plus de 500.000 personnes aux Etats-Unis, sans parler de tous les emplois secondaires. Pour le président élu Barack Obama, une faillite de l'un de ces trois mastodontes était tout simplement inimaginable.

Même si les organisateurs du Salon de Detroit attendent quelque 700.000 visiteurs d'ici le 25 janvier, le cœur n'y est pas. Nombre de constructeurs, et non des moindres comme Nissan, Porsche ou Ferrari, ont en effet déclaré forfait. Et une analyste pronostique que pendant le salon, " on parlera beaucoup moins des nouveaux produits que de la façon dont Detroit va survivre à 2009 ". Car la sinistrose touche toute la ville. Les deux principaux journaux quotidiens de la ville ont réduit leur parution à trois jours par semaine. Et le club de football des Lions a limogé son entraîneur après une série de 16 matches sans victoire. Un malheur n'arrive jamais seul.

par Martine Maelschalck

Rédactrice en chef

Lire également

Publicité
Publicité
Publicité
Publicité

Messages sponsorisés

Messages sponsorisés