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Savoir saisir les opportunités

©Nima Ferdowsi

Que l’on se mette à la place des uns ou des autres, on ne peut excuser les violences commises contre des civils. Mais on peut s’interroger sur le sort que Pékin va réserver à son Far-West.

Bruxelles (L'Echo) - «Des hommes et des femmes de tous âges, des filles en hauts talons, de jeunes garçons en chemises élégantes, brandissaient des queues de billard, des barres de métal, et même des machettes.» Une foule ainsi décrite par un reporter déferlait hier dans les rues de Urumqi, la capitale du Xinjiang.

Il ne s’agissait pas cette fois d’Ouïgours opprimés, mais de Hans remontés par les émeutes de dimanche. On pourrait se mettre à leur place des Hans: l’ethnie majoritaire du Xinjiang a déchaîné sa haine sur les «leurs». Et cela malgré les efforts de développement que Pékin déploie dans la région.

Si le fossé socio-économique entre Hans et Ouïgours perdure, le niveau de vie des turcophones s’améliore.
On peut également se mettre à la place des Ouïgours, qui vivent l’afflux de millions de Hans chez eux comme une colonisation.
D’autant que les Chinois de l’Est s’appliquent avant tout à pomper les ressources de la région(elle contient le tiers des réserves de gaz et pétrole du pays).

Que l’on se mette à la place des uns ou des autres, on ne peut excuser les violences commises contre des civils. Mais on peut s’interroger sur le sort que Pékin va réserver à son Far-West. Les autorités pourraient couler une chape de plomb sur le Xinjiang, comme elles l’ont fait sur le Tibet voisin après les émeutes de 2008.

Elles s’attireraient les critiques de la communauté internationale.

Et attiseraient du même coup le fanatisme naissant dans le Turkestan chinois, à la frontière de l’Afghanistan…Au contraire, le régime pourrait relâcher ceux des manifestants qui n’ont pas commis d’agressions. Il pourrait saisir ces troubles comme une opportunité pour remettre en question la gestion des institutions régionales, lutter contre les discriminations, tendre la main aux Ouïgours…Dans l’état d’avancement actuel de la «démocratisation» chinoise, cela n’a rien d’inconcevable. Qu’y risquerait la Chine?

 

par Frédéric Rohart

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