Rédacteur en chef

Les licenciements collectifs se multiplient.

Depuis que les chérubins regardent de nouveau le soleil derrière les vitres de leurs classes, les licenciements pleuvent comme un prélude à cet automne que le ciel n’annonce pas. Caterpillar, Axa, Douwe Egberts, sans parler du flou qui entoure ING… La fin d’été est socialement meurtrière. Et annonce un hiver rude: les plafonds des années précédentes sont dès aujourd’hui franchis. Autrement dit, l’année 2016 s’inscrit d’ores et déjà en lettres noir foncé au palmarès des sacrifiés "collectifs" du travail. Cinq ans qu’on n’avait plus vu tant de victimes…

La Belgique a besoin de réformes porteuses de prospérité mais elle réclame aussi du souffle, des projets qui la dépassent.

Au-delà des milliers de drames humains qui se nouent derrière ces statistiques, les chiffres dissimulent les particularités de chacun de ces licenciements massifs. Commandes en berne ici, délocalisation là… Les justifications sont aussi nombreuses que les maux. Tirer des conclusions de la hauteur de ces chiffres reviendrait à faire le catalogue des revendications patronales habituelles sans garantir, en l’occurrence, la pertinence de cette liste, sans doute juste, mais trop grossière. Les chiffres et leur brutalité n’en restent pas moins prégnants. Et la spirale négative, déjà alimentée par la vague terroriste, menace une reprise par trop balbutiante.

Dans ce tableau triste, l’annonce par Charles Michel d’un pacte d’investissements pourra être prise sous un jour stérile: le Premier ministre a malencontreusement (maladroitement, moqueront les persifleurs) dévoilé ses intentions le jour où Caterpillar gomme Gosselies de sa galaxie industrielle. Ou sous un jour plus favorable: voilà une dose d’espoir inoculée dans la grisaille de ces désastres sociaux. Optons plutôt pour cette vision optimiste, empreinte d’ambition. Car, bien sûr, la Belgique a besoin de réformes porteuses de prospérité mais elle réclame aussi du souffle, des projets qui la dépassent, qui offrent une perspective plus lointaine que la prochaine échéance électorale, une fierté du chemin parcouru et un demain plus rose qu’il ne l’est actuellement.

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