Siffler la fin de la récréation

Journaliste

L’instabilité en Communauté française

Peut-être Sempé, le génial dessinateur du Petit Nicolas, a-t-il déjà entendu parler de la Communauté française et des responsables politiques francophones. C’est que la cour de récréation de son petit héros n’a pas grand-chose à envier à la nôtre. Et il y a quelque chose de cartoonesque à voir ces responsables, à quelques jours de la rentrée scolaire, courir comme des poules sans tête, s’écharper autour de la Fédération Wallonie-Bruxelles et de sa majorité gouvernementale.

Or les choses sont simples: la Communauté française, à peu de chose près, c’est l’Enseignement. Et sans vouloir noircir le tableau, le niveau de l’enseignement francophone est mauvais – la dernière enquête Pisa, en décembre 2016, pointait les francophones à la 35e place d’un classement dans lequel les Flamands sont, eux, 10e.

Peut-on encore se permettre, au nom d’une paix scolaire datant du siècle dernier, de faire vivre deux réseaux d’enseignement?

Un effort a été récemment entrepris pour imaginer un plan assez ambitieux – même si incomplet – pour redresser quelque peu la barre: le Pacte d’excellence. Quoiqu’il se produise en termes de changements de majorités et/ou de ministres de tutelle, qu’on ne touche pas à ce Pacte, car ce serait faire perdre un temps précieux à l’enseignement francophone et à nos enfants. Mieux même: qu’on s’assure que les enveloppes budgétaires seront disponibles à long terme pour que ce Pacte soit viable.

Mais il faut aller plus loin que le Pacte.

Abroger le décret Inscription, ce qui aurait dû être fait il y a des années, même les socialistes, qui l’ont imaginé, admettent aujourd’hui qu’il est mal fichu.

Enfin, il serait salutaire d’étudier une fusion des réseaux d’enseignement. A-t-on réellement besoin, en 2017, de faire cohabiter deux réseaux parallèles? A-t-on trop d’argent? Non. Maintenir deux réseaux, libre et officiel, pour éviter de relancer une guerre scolaire, cela ne tient plus la route à l’heure où les francophones doivent n’avoir qu’une seule ligne d’horizon: l’efficacité.

Dans "Le Petit Nicolas", le "Bouillon" venait siffler la fin de la récréation. Ici, on l’attend toujours.

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