Six mois sans éclat pour Trump

Le Président américain multiplie les échecs.

Jeudi, cela fera six mois que la tornade Donald Trump est entrée à la Maison-Blanche. Six mois qu’il ne se passe quasi pas un jour sans que le Président américain franchisse un nouveau seuil dans l’incongru, l’inimaginable. Six mois que la Maison-Blanche donne l’impression de naviguer à vue sous des consignes contradictoires. Six mois que Trump amuse, déstabilise et irrite nombre des plus fidèles alliés des Etats-Unis. Six mois que les républicains du Congrès se déchirent avec pour seul dénominateur commun l’exaspération face à un Président encombrant. Six mois que l’étau se resserre sur lui dans les enquêtes sur l’ingérence russe dans la campagne présidentielle et les liens entre Moscou et son entourage. Six mois qu’il gesticule pour concrétiser ses promesses de campagne. Et qu’il fulmine contre le peu de résultats obtenus tout en prétendant avoir réalisé des merveilles.

Six mois que Trump gesticule pour concrétiser ses promesses de campagne.

C’est sans doute le pire pour l’un des présidents les plus orgueilleux qu’ait connu la Maison-Blanche: son impuissance. Qu’a-t-il déjà réalisé? Quasi rien, hormis (menacé de) détruire ce que d’autres avaient bâti, de l’engagement des USA dans les accords de Paris, à leur participation au Traité Transpacifique en passant par les mesures prises pour réguler Wall Street, protéger l’environnement et aider humanitairement les pays les plus pauvres. À part cela, tout n’est qu’échecs, lois mal ficelées et promesses reportées. Sa promesse d’abroger, puis de réformer, l’Obamacare, vient probablement de connaître son coup de grâce. Il continue à soutenir l’accord nucléaire avec l’Iran alors qu’il avait promis de le déchirer.

Saisi par la Cour Suprême, son décret anti-immigration n’a cessé d’être contesté. Les entreprises US continuent à délocaliser les emplois qu’il veut maintenir à domicile. Ses partenaires de l’Otan semblent l’avoir entendu et accepté de dépenser plus pour leur défense. Mais l’on voit surtout se dessiner et se renforcer des alliances pour occuper la place laissée vacante par l’Amérique de Trump. Malgré tout, quatre Américains sur dix se disent encore satisfaits de leur Président, à en croire les sondages. C’est sans doute cela le plus gros mystère de cette présidence sans éclat.

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