Sortie de route budgétaire

Les émissions de CO2 de l’industrie en hausse

La dette est considérable et il n’y a pas de plan de sauvetage en vue: la seule voie possible pour la résorber est de suivre les clous budgétaires. On ne parle pas ici des deniers publics d’un État au bord de la banqueroute, mais de la dette climatique accumulée par des décennies d’un développement abreuvé aux énergies fossiles.

En Europe, les émissions industrielles repartent à la hausse pour la première fois depuis 2010.

Le budget découle d’un consensus politique mondial trouvé à Paris en 2015: il faut empêcher le réchauffement à la surface du globe d’atteindre 2°C par rapport à la température préindustrielle – celle qui a fourni des conditions idéales à l’épanouissement de l’espèce humaine. L’humanité dispose d’ici à 2050 d’un budget d’émissions de CO2 de l’ordre de 700 milliards de tonnes. Saura-t-elle s’y tenir?

En Europe, les émissions industrielles repartent à la hausse pour la première fois depuis 2010. La progression enregistrée pour l’année 2017 est faible (+ 0,3%), mais elle souligne que le découplage entre la croissance économique et les émissions de CO2 n’est pas acquis. Il l’est d’autant moins que la volonté politique de mettre en place des politiques cohérentes avec le budget mondial se fait attendre – la Commission européenne doit présenter un plan à long terme l’an prochain. En attendant, l’Union n’est pas sûre d’atteindre ses objectifs de court terme, qui ne sont qu’une mise en jambes face à la course qui s’annonce.

 

À l’heure où la Belgique accouche d’un pacte énergétique ambigu – on se passera du nucléaire en 2025 à moins que ça ne soit pas faisable –, on ne sait pas si notre pays respectera son objectif de réduction d’émissions pour 2020. La Belgique, l’Europe, les nations du monde ne sont pas à la hauteur de l’enjeu.

Depuis l’accord de Paris, le changement climatique progresse beaucoup plus vite que nos conclaves budgétaires. S’ils retardent trop longtemps l’adoption de mesures ambitieuses, nos décideurs condamneront leurs successeurs à une funeste alternative: l’austérité pour compenser notre lenteur à apurer la dette carbone, ou la résignation face à un défi devenu trop lourd.

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