Suicide politique

Jean-Paul Bombaerts

Joke Schauvliege paie le prix fort de son dérapage

On épiloguera sans doute longtemps sur les raisons qui ont pu pousser une ministre pourtant expérimentée à déraper à ce point sur une thématique aussi sensible que le climat. Joke Schauvliege aurait voulu se suicider politiquement qu’elle ne s’y serait pas prise autrement.

Il y a sans doute la fatigue nerveuse de ces dernières semaines, comme en témoignaient les larmes de la ministre lors de sa conférence de presse de ce mardi soir. Elle a été systématiquement brocardée lors des récentes manifestations pour le climat. Ces derniers jours, elle a reçu, comme ses collègues du reste, une avalanche de mails et de SMS de la part d’activistes remontés contre l’inaction du politique. Ces circonstances atténuantes peuvent-elles pour autant excuser de recourir à des théories du complot que l’on croyait l’apanage d’internautes perturbés? En aucun cas. Joke Schauvliege a commis une faute et elle a payé le prix fort.

Les partis politiques sont tétanisés par la question du climat qui a brutalement fait irruption dans la campagne.

Plus largement, ce psychodrame montre à quel point les partis politiques sont tétanisés par la question climatique qui a brutalement fait irruption dans une campagne électorale qui oscillait jusqu’ici entre les thématiques socio-économiques et identitaires. Mis à part les verts qui surfent sur la vague et sont assurés de faire un carton le 26 mai, tous les autres partis – et pas seulement à droite – sont mal pris. La N-VA, qui a toujours excellé dans l’art de la communication politique, est dans les cordes. Le MR tente de sauver ce qui peut encore l’être en se rangeant derrière la loi climat. Et les autres se félicitent de ne pas avoir été aux affaires depuis 2014.

L’affaire Schauvliege vient rappeler que l’on marche sur des œufs. Ce n’est pas à trois mois et demi des élections que le politique pourra redresser la barre et réparer des années d’inaction coupable alors que les scientifiques mettent en garde depuis deux décennies.

Il faut écouter le message des jeunes, admettre ses propres manquements et se mettre au travail après le 26 mai.

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