Svp, évitez le saupoudrage politique!

Le gouvernement wallon vient de recevoir le rapport du conseil stratégique dans le cadre de la rédaction du plan de relance. Quelle suite donnera-t-il aux 51 actions proposées par les experts? Les arbitrages politiques vont-ils détricoter les idées? Les prochaines semaines seront cruciales pour la relance de la Wallonie.

La Wallonie vient de franchir une étape importante dans la confection de son plan de relance avec la remise du rapport du conseil stratégique au gouvernement Di Rupo. En un peu moins de 400 pages et 51 actions issues de la réflexion de 200 acteurs de terrain résumée à travers 405 propositions, ce rapport trace les axes du redressement pour la Wallonie de demain.

Certains diront qu’il s’agit ici d’un énième rapport, après le plan Marshall ou le Contrat d’avenir. L’enjeu n’est évidemment pas là, mais dans la suite que le gouvernement réservera aux propositions des experts. Inutile de dire que la Wallonie ne peut pas se louper si elle veut affronter les nombreux défis nés de la crise du covid et qui remettent en exergue une série de fondamentaux économiques et sociétaux fragilisés depuis la désindustrialisation de la Région.

Le rapport du conseil stratégique donne une série de pistes intéressantes en matière de formation en alternance, ou de création d’emploi privé par un système temporaire et ciblé d’aide à l’embauche. Il offre des solutions à court terme pour aider les entreprises fragilisées par la crise du covid. Il rafraîchit aussi les idées en proposant un tax shift qui a pour but de subventionner les comportements vertueux et taxer ceux à proscrire dans le monde économique. Les experts n’ont pas hésité à bousculer les lignes wallonnes en proposant des actions moins populaires comme la diminution de certaines aides pour les entreprises qui offrent peu de plus-value pour la Wallonie.

La richesse de ce plan tient probablement dans son ensemble avec des experts issus de tous les horizons. On peut éventuellement regretter que les experts n’aient pas analysé l’impact budgétaire des mesures.

Ce plan doit être orienté vers des objectifs et faire l’objet d’un monitoring aux mains d’acteurs indépendants et non des appareils de partis.

Le travail n’est pas terminé pour autant! À vrai dire, les véritables difficultés ne font que commencer avec l’entrée en piste du politique et les inévitables équilibres à atteindre entre les trois partenaires au sein du gouvernement wallon. Même si Elio Di Rupo a affirmé mercredi que son gouvernement PS-MR-Ecolo se basera sur ce rapport pour rédiger le plan final, il admet que le choix final dans les actions à entreprendre reviendra au politique.

Ce plan est pourtant plus qu’un outil politique. Ce plan doit transcender les clivages et se réaliser au-delà d’une législature. Ce plan doit être orienté vers des objectifs et faire l’objet d’un monitoring aux mains d’acteurs indépendants et non des appareils de partis. Pour être impactant, ce plan doit enfin éviter le saupoudrage géographique ou thématiques. Ce plan doit simplement viser juste!

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