Tel est Free qui croyait prendre

Simon Souris

L’opérateur français préfère se concentrer sur la France et l’Italie plutôt que de lorgner le marché belge. Privé de son trophée, Alexander De Croo va devoir retravailler sa copie.

Cela aurait pourtant fait bien sur le tableau de chasse d’Alexander De Croo, ministre Open Vld des Télécoms: Free débarque en Belgique. Sauf que, voilà, c’est raté. A priori, en tout cas. L’opérateur a en effet, via la voix du directeur général de sa maison mère, déclaré mardi qu’il donnait la priorité à la France – où il souffre actuellement face à la concurrence accrue – et à l’Italie, versus le plat pays (ou encore l’Allemagne) où son intérêt était pourtant pressenti par certains observateurs.

Il ne faudrait pas vouloir mettre la charrue avant les bœufs. De nombreux défis persistent avant de considérer un 4e opérateur.

Comme quoi, le vieil adage disait peut-être vrai… "Tel est pris qui croyait prendre." À vouloir à tout prix d’un trophée, quitte à provoquer une levée de boucliers particulièrement saillante de la part d’un secteur – qui a mis en garde contre les conséquences d’une telle arrivée sur les investissements et l’emploi –, le chasseur de concurrence a réussi à faire fuir l’une des proies qui remplissait pourtant les différents critères de ce que l’on peut qualifier de beau morceau. Dommage.

Try again. Oui. Enfin… non. Encore faudrait-il qu’il y ait quelqu’un à la porte. Jusqu’au bout du processus, c’est-à-dire jusqu’aux enchères qui se tiendront courant 2019 seulement, passage obligé pour une entrée en Belgique en tant qu’opérateur de réseau sérieux. Parce que quand bien même Xavier Niel, le milliardaire français fondateur du casseur de prix, pourrait se lancer en solo, comme il l’a d’ailleurs fait en Suisse ou à Monaco, Proximus, Orange et Telenet ne resteront pas les bras croisés à l’attendre. Surtout au vu de l’agitation (médiatique, en partie) qu’il a pu y avoir autour de la traque du ministre.

Alors se pose la vraie question. Celle qu’il conviendrait de traiter avant tout le reste: pourquoi ne pas s’attaquer aux vrais freins du développement des acteurs nationaux que peuvent être les normes d’émission à Bruxelles – empêchant l’avènement de la 5G –, ou bien encore aux délais de traitements administratifs dans le cadre de demandes de permis pour des antennes? Mais ça, c’est moins vendeur, pour un chasseur.

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