Thunder Power ou la capacité de résilience

Des grosses machines de Caterpilllar aux véhicules électriques de Thunderpower, l'histoire de Gosselies est une leçon pour toute la Wallonie.

Ils étaient tous là vendredi. Ministre, mandataires politiques, acteurs locaux, syndicalistes… Tous se bousculaient pour venir prendre en photo la Chloé, cette petite voiture électrique chinoise qui sera construite par Thunder Power sur l’ancien site de Caterpillar.

L’histoire tient du miracle. Il suffit de jeter un œil dans le rétroviseur. Un bref retour au 2 septembre 2016 pour se souvenir de ce vendredi noir où Charleroi a pleuré après l’annonce du départ de l’américain Caterpillar. Une claque de plus pour le pays noir qui laissera des milliers d’emplois sur le carreau.

À l’inverse de la Chloé qui reste un pari un peu fou, le vrai échec serait de ne pas pouvoir y répondre au niveau de l’emploi.

Deux ans plus tard, les voitures chinoises débarquent à Charleroi. L’histoire, aussi incroyable qu’elle soit, prouve à la Wallonie qu’elle peut faire preuve de résilience. D’un riche passé verrier ou sidérurgique arrivé à bout de souffle, la Wallonie est parvenue à se glisser dans la nouvelle ère industrielle en attirant des grands noms comme Alibaba  , Thunder Power, Google  ou en misant sur des pépites wallonnes autour de secteurs clés et révolutionnaires comme la biotechnologique ou le numérique.

Cette savoureuse arrivée de Thunder Power reste néanmoins une aventure. Et tout le monde sait que le pari de la voiture électrique chinoise est loin d’être gagné dans un marché européen largement dominé par les constructeurs automobiles européens et par des consommateurs encore réticents à conduire des voitures chinoises. Mais il fallait le tenter et le rêver.

Au-delà de l’aventure qui accompagne le retour d’un constructeur automobile sur les terres wallonnes, il faut maintenant thésauriser. À l’image de grands industriels wallons comme GSK  , Alstom  , Sonaca, CMI ou d’outils économiques devenus incontournables dans le développement de la Région comme les deux aéroports, Thunder Power doit devenir le flagship pour tout un écosystème et donner naissance à un nouveau biotope pour les entrepreneurs dans la sphère de l’automobile électrique. Les responsables chinois évoquent déjà la construction d’une usine de fabrication de moteurs à Gosselies et l’arrivée d’un second modèle pour les lignes de montage. Des milliers d’emplois pourraient être créés.

Tout cela va représenter un sacré défi humain qui repose sur un challenge éducatif. On le redit mais avec un peu moins de 200.000 chômeurs, la Wallonie dispose d’un formidable vivier de main-d’œuvre. Pourtant, les patrons ne cessent de dire qu’il n’est plus possible de trouver une main-d’œuvre qualifiée dans de nombreux domaines. D’aucuns pointent les lacunes dans des filières de formation et observent nerveusement le monde politique se chamailler autour du "futur" pacte d’excellence.

Mais à l’inverse de la Chloé qui reste un pari un peu fou, le vrai échec serait de ne pas pouvoir y répondre au niveau de l’emploi!

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