La longue grève d’Aviapartner a déjà fait bien des victimes.

Quelle que soit l’issue des négociations chez Aviapartner, la grève laissera des traces durables. Cette action spontanée (ou "sauvage", si l’on préfère) qui a débuté il y a une semaine, est la plus longue jamais enregistrée à l’aéroport de Bruxelles. Une plateforme qui a déjà souffert d’arrêts de travail chez Swissport et de grèves du zèle des douaniers. Il y a mieux pour asseoir la réputation d’aéroport de la capitale de l’Europe. Sans compter les pertes de redevances.

Il suffirait de peu de chose pour que les actionnaires jettent l’éponge. Et alors tout le monde vraiment tout le monde aura été perdant.

Les grandes victimes sont évidemment les passagers, qu’ils soient vacanciers ou d’affaires. Tous avaient une bonne raison de prendre l’avion – avec leurs bagages. Les syndicats leur ont ôté des espoirs de soleil, des sourires et des rendez-vous importants. C’est toujours poignant de voir ces victimes à la télévision. Sauf, peut-être, pour des bagagistes.

Et puis, il y a les compagnies elles-mêmes. Elles sont en première ligne face à leurs clients pour réorganiser les vols et répondre à des demandes d’indemnités hypothétiques. Toutefois, ne sont-elles pas partiellement responsables de ce qui arrive? Après tout, ce sont elles qui tirent le prix des prestations des handlers vers le bas, obligeant ceux-ci à comprimer les coûts au maximum, dont ceux du personnel.

On dira ce qu’on veut des méthodes discutables d’actions des syndicats, il reste quand même que le métier de bagagiste est pénible et mérite des compensations. Malgré leurs efforts d’économie – qui leur reviennent comme des boomerangs – les sociétés de handling sont à la limite de la rentabilité. Et ce n’est pas l’arrivée d’un troisième handler sur le tarmac qui résoudrait les problèmes. Au contraire, serait-on tenté de dire.

Comme expliqué dans notre édition d’hier, la situation financière d’Aviapartner n’est pas brillante. Dans ce contexte, on se demande vraiment ce qui incite les syndicats à pousser la direction dans ses retranchements. Il suffirait de peu de chose pour que les actionnaires jettent l’éponge. Peut-être pas au niveau du groupe, mais de l’entité belge (Liège et Ostende compris). Et alors tout le monde – vraiment tout le monde – aura été perdant dans ce pénible conflit.

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