Tout ça pour ça

©Sofie Van Hoof

Tout ça pour ça... Si l’Etat français parvient à s’accorder avec le groupe Bouygues pour racheter la participation de ce dernier dans Alstom, ce sera finalement le projet des Américains de General Electric qui l’emportera.

Ce projet était celui qu’Alstom et GE avaient mis sur la table lors de l’annonce de l’opération il y a deux mois, avant l’arrivée d’un projet concurrent de l’Allemand Siemens. Pour mémoire, le projet de rachat des activités " énergie " d’Alstom par GE pour quelque 12 milliards d’euros a été annoncé en avril.

Le gouvernement français, par la voix du ministre du Redressement productif Arnaud Montebourg, est aussitôt monté au créneau, craignant pour l’indépendance d’un groupe stratégique actif dans le transport (les TGV) et –surtout- l’énergie (nucléaire). Le groupe allemand Siemens, rejoint par des Japonais, est ensuite entré en lice pour faire une contre-offre sur Alstom.

L’affaire est montée jusqu’au président François Hollande, qui a estimé que l’offre de GE était trop faible. En réalité, le gouvernement français se montrait plutôt partisan de la création d’un consortium franco-allemand entre Alstom et Siemens. Mais jusqu’au bout, il se sera heurté à la volonté des deux entreprises, Alstom et General Electric, bien décidés à signer leur accord.

Tout ça pour ça, donc, mais pas seulement. En deux mois, le contenu de l’accord a sensiblement évolué.

Tout d’abord, General Electric a amélioré la structure de son offre, avec la mise en place de trois nouvelles co-entreprises avec Alstom, et la promesse de créer mille nouveaux emplois en France.

Ensuite, le gouvernement français a tiré les leçons de son impuissance dans le dossier Alstom. Il a signé un décret qui permet à l'Etat de s'opposer à la prise de contrôle de quasi n'importe quelle entreprise française, en exigeant une autorisation préalable. L’Etat français va aussi entrer au capital d’Alstom. Ce n’était pas prévu au départ mais déforçait la position du gouvernement français qui voulait mettre son grain de sel dans l’affaire sans y être actionnaire.

Enfin, plutôt que de se voir un jour contraints de trouver un chevalier blanc en catastrophe comme cela a été le cas avec Siemens, les gouvernements français et allemand ont annoncé la semaine dernière la création d’un nouveau géant européen dans le domaine de l’aérospatiale, autour de la fusée Ariane. Mieux vaut prévenir que guérir.

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