Tout ça pour deux bébêtes…

©Sofie Van Hoof

Escalade verbale autour des pandas.

Il faut espérer une chose: c’est qu’après que les autorités chinoises ont déposé les deux pandas à bon port à Pairi Daiza, elles se sont désintéressées de la question. Parce que, si elles continuent à suivre l’activité animalière de la Belgique, elles doivent se demander si elles ont bien fait de nous confier leurs demi-dieux.

Depuis que Xing Hui et Hao Hao ont pris leurs quartiers à Brugelette, il ne s’est pas passé de jour sans que leur présence ne soit commentée ou raillée -avec plus ou moins de bonheur. La pitrerie de Bart De Wever, déguisé en panda dans un show télévisé de la chaîne Vier, est évidemment l’un des sommets de cette escalade médiatique.

Mais la riposte d’Eric Domb, le patron de Pairi Daiza, qui attaque les subsides versés au Zoo d’Anvers et se dit prêt, le cas échéant, à se porter acquéreur de son concurrent, surprend elle aussi par sa virulence.

Quelle mouche a piqué cet adepte de la zénitude? On comprend que les déclarations du leader de la NV-A sur la proximité d’Elio Di Rupo avec le parc Pairi Daiza et ses approximations sur le coût des deux bébêtes aient tapé sur le système du fondateur de Pairi Daiza. Car Bart De Wever donne à penser que, finalement, ce qu’il déteste n’est pas tant le "Wallon chômeur" (qui apporte de l’eau à son moulin), que le Wallon entrepreneur qui dame le pion à une vénérable institution anversoise.

Eric Domb a de légitimes raisons d’être fier du chemin parcouru: en 2013, son parc était numéro 1 de Belgique en termes de fréquentation et il est parvenu à convaincre la Chine que les pandas ne seraient nulle part mieux installés que dans son jardin chinois. Le tout avec seulement un faible subside de la Région wallonne et son lot de tracas administratifs. Il estime donc n’avoir aucune leçon à recevoir d’un zoo qui est très largement subsidié par la Région flamande. Largement, et illégalement, clame-t-il aujourd’hui.

Il faudrait tout de même que chacun retrouve ses esprits dans cette histoire de pandas. Car enfin, Messieurs, il ne s’agit que de deux mammifères de la famille des ursidés qui ont été prêtés par la Chine à un parc animalier wallon né d’une initiative privée. Rien de moins, mais rien de plus.

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