Tout faire pour maintenir ouverte notre économie

Rédacteur en chef adjoint

Le gouvernement fédéral s’apprête à annoncer de nouvelles mesures sanitaires, déclenchant un sentiment de lassitude bien automnal au sein de la population. Et si nous inversions ce sentiment et considérions que ces mesures maintiendraient en activité des pans entiers de notre économie?

Comme il est compliqué d’imposer! Comme il est dénaturant pour une société démocratique de lui entraver sa liberté! Comme il est frustrant que le coronavirus passe par cette cavité buccale, aujourd’hui masquée, alors qu’elle véhicule également nos échanges sociaux! Et pourtant, au vu de la dégradation préoccupante de la situation sanitaire, le gouvernement fédéral s’apprête une nouvelle fois à distendre nos contacts, à brider notre vie quotidienne. Masques, télétravail, covid safe ticket, l’arsenal est là. Au gouvernement d’en délimiter son usage. Réponse après le Comité de concertation ce mardi.

Aussi rédhibitoires que puissent paraître ces muselières sanitaires, nous aurions pourtant tort de les considérer uniquement comme telles. Dégainer son masque n’est-il pas devenu un réflexe presque naturel lorsque nous pénétrons dans un espace confiné et bondé de monde? Le télétravail ne s’est-il pas mieux organisé depuis le brutal lockdown de mars-avril 2020? Le covid safe ticket n’est-il pas massivement installé sur nos smartphones, même s’il reste encore de trop nombreux irréductibles? Peut-être devrions-nous voir ici la bouteille à moitié pleine: ces outils restent autant de clés pour garder ouverte notre économie.

Plutôt que de râler sur les entraves qu’imposent ces mesures, regardons-les comme autant de moyens pour maintenir le bateau à flot, malgré la houle.

Peut-être devrions-nous aussi admettre que, singulièrement pour le covid safe ticket, l’erreur psychologique a été de le mettre en œuvre au moment où la vaccination patinait, où des poches de recrudescence de l’épidémie apparaissaient. Le Danemark a eu l’intelligence de l’instaurer dès le début du mois d’avril, quand la crise commençait à s’essouffler. Il a permis à l’économie de reprendre plus tôt, alors même que la vaccination n’avait pas encore atteint les seuils désirés par la communauté scientifique. Résultat: le passe sanitaire a été perçu comme libérateur, ouvrant un secteur de contacts après l’autre. Depuis, les autorités danoises l’utilisent avec dosage, au gré des chiffres en provenance des hôpitaux du pays.

Alors nous aussi, plutôt que de râler sur les entraves qu’imposent ces mesures, regardons-les comme autant de moyens pour maintenir le bateau à flot, malgré la houle. Plus ils seront respectés comme tels dans l’horeca, dans les cinémas, dans les salles de sport… plus ces secteurs pourront voir leur avenir économique avec sérénité. Et plus ces secteurs joueront le jeu avec sérieux, plus ils garderont à distance cette menace qui pèse sur leur clientèle. Il y a une semaine, dans L’Echo, les virologues Peter Piot et Heidi Larson ne faisaient pas mystère de ce qui nous attend: "Le coronavirus restera longtemps parmi nous". Autant nous y habituer. Et utiliser tous les moyens pour continuer à vivre le plus librement possible, malgré lui.

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