Tout reste à faire chez Nethys

Les ventes de Voo, Elicio et Win cassées

C’était inévitable. Sauf à plomber d’emblée la nouvelle législature, le gouvernement wallon ne pouvait que trancher dans le vif. Les ventes pas nettes par Nethys de filiales (Voo, Elicio et Win) ne se passeront pas comme ça. Pas sans faire la clarté sur leur potentiel, sur les candidats repreneurs, bref sur leur valeur. C’est terminé, Liège ou pas, on ne fonctionne plus comme ça, a fait savoir l’exécutif régional. On ne se vend pas un actif public à soi-même, en catimini. Elio Di Rupo a pris ses responsabilités, c’est bien. Ce geste ferme clôt un long chapitre, celui du laisser-faire. Mais ne met pas fin à la saga.

Juridiquement d’abord, le droit des affaires va forcément s’en mêler. Il y a déjà du dédommagement, de l’arbitrage et du recours dans l’air. Sans parler du risque d’infraction pénale avancé par la tutelle régionale.

Sous Nethys s’activent des entreprises et des travailleurs qui méritent une vision stratégique, un avenir.

Politiquement ensuite, c’est le début d’un grand chantier. Le message est celui d’une reprise en mains (la collusion, c’est fini) et vaut pour Nethys comme pour tout autre intérêt public, pour Liège comme pour tout autre coin de Wallonie, pour le PS comme pour tout autre parti. Sur ce terrain, il ne suffit pas de casser trois ventes et de transmettre un dossier au parquet. S’il veut vraiment tourner la page et retrouver une crédibilité en Wallonie et hors de Wallonie, le gouvernement devra s’assurer qu’un autre mini-Nethys ne sorte pas de terre ailleurs dans un, deux, trois ans. C’est un boulot de tous les instants, et pour longtemps.

Économiquement enfin, il faudra dénouer le plus proprement possible cet enchevêtrement qu’est Nethys, conglomérat parfois surnommé la pieuvre. Juste en dessous d’elle s’activent des filiales opérationnelles, des entreprises de taille souvent importante, aux activités souvent stratégiques et procurant de nombreux emplois. Elles méritent d’être au cœur des réflexions, et non pas à la marge comme jusqu’à présent.

Car l’objectif n’est pas de détruire Nethys mais de donner à ces entreprises les meilleures chances de se développer demain. Elles méritent une vision stratégique, un avenir. Sur ce terrain, tout reste à faire. Au boulot, M. Di Rupo!

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