Trois mois décisifs pour l’économie belge

Rédacteur en chef adjoint

Les chiffres sont là pour le prouver: l'économie belge redémarre. Comme pour un moteur longtemps en sous-régime, appuyer à fond sur la pédale n'est pas sans risque.

Un vent d’été souffle désormais sur le pays. Le comité de concertation a précisé les contours de nos vacances, ratifié le sésame qui nous permettra de franchir les frontières et réduit l’ardoise pour le testing, petit cadeau offert par la maison. Bref, le signal du gouvernement est là: la Belgique peut enfiler son bermuda de vacances. Et cela à quelques encablures d’une autre date clé dans le déconfinement: le 9 juin célèbre le retour des clients en salles pour l’horeca, les scènes, les cinémas, le secteur de l’événement qui pourront enfin retrouver un semblant de normalité, toutes mesures de distanciation sociales restant égales par ailleurs.

"Les trois mois à venir seront cruciaux. Trois mois à tenir, alors qu’on sent un vent souffler sur la Belgique: celui d’un réveil économique. Alors, oui pour des vacances bien méritées, mais il faudra garder quelques personnes sur le pont."

Alors ça y est, c’est l’été ? Tous, tous, tous à Torremolinos? Minute, papillon. Les trois mois à venir seront cruciaux. Trois mois à tenir, alors qu’on sent un autre vent souffler sur la Belgique: celui d’un réveil économique. Alors, oui pour des vacances bien méritées, mais il faudra garder quelques personnes sur le pont pour veiller au grain.

D’abord parce que les programmes de vaccination doivent redoubler d’énergie. Ils font maintenant face à un col hors catégorie. Après la population naturellement prompte à se faire piquer, restent encore les indécis, les injoignables, les indécrottables (ou tout simplement ceux qui sont partis en vacances). Il faudra les ramener aux centres de vaccination pour rapprocher la Belgique, pourcent après pourcent, de cette fameuse immunité collective. Comme au Tour de France, ce sont les derniers kilomètres qui sont les plus difficiles.

"Les offres d’emplois explosent dans les entreprises. La preuve que le réveil est là, que la Belgique économique a faim. Une merveilleuse nouvelle, mais qui n’est pas sans défis pour les organismes de placements."

Ce moteur économique belge en plein réveil, il faudra aussi le faire tourner. Les derniers chiffres de cette semaine le montrent: les offres d’emplois explosent dans les entreprises. La preuve que le réveil est là, que la Belgique économique a faim. Une merveilleuse nouvelle, mais qui n’est pas sans défis pour les organismes de placements. Ils devront jouer les intermédiaires, faute de quoi les entreprises concernées en seront pénalisées. Sans compter les pénuries en cascade dont elles souffrent déjà: pénurie de main-d’œuvre dans des secteurs clés, pénurie de matériaux, pénurie à venir de collaborateurs qui ont reporté en masse leurs congés pour profiter des vacances estivales.

Bref, les mois d’été seront périlleux. Ils devront être mis à profit pour que le vent de la reprise souffle dans les voiles du pays. Les aides économiques, chômage temporaire et autres droits passerelles, viennent d’être une nouvelle fois prolongées jusqu’au 30 septembre. C’est l’occasion où jamais de montrer que la Belgique peut s’en passer.

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