Trump et l'Otan en guerre froide

Vincent Georis

Il plane sur le sommet de l’Otan comme une ambiance de guerre froide transatlantique. Charge à l'Europe de garder son calme face aux coups de chaud du président américain.

Donald Trump est comme ça. Dès l’aube naissante, au sortir de la couche présidentielle, parfois avant, il tweete selon ses humeurs du jour. Mardi au réveil, celles-ci étaient acides, certainement à la seule idée de rejoindre la vieille Europe où des milliers de GI sont stationnés aux frais du contribuable américain pour protéger une terre étrangère. Aussi, le Président a-t-il déversé sa bile sur ses alliés, accusés illico par un missile virtuel de ne pas débourser assez d’argent en dépenses militaires. Qu’ils augmentent leurs budgets, si possible en achetant "made in USA", sans quoi les Etats-Unis se replieront.

Son tweet s’est dégonflé comme une baudruche défraîchie après avoir traversé l’Atlantique. D’abord, parce qu’il était attendu, tant Donald Trump serine la même exigence depuis son arrivée au pouvoir. Ensuite, parce qu’il ne s’agit pas de "son" exigence, mais d’un engagement commun conclu par les 29 alliés de l’Otan en 2014. Enfin, parce qu’au lieu de se replier, les Etats-Unis ont en réalité accru ces dernières années leur présence militaire en Europe.

Sur le fond, Donald Trump a raison. Les Etats-Unis assument à eux seuls les deux tiers du budget de l’alliance et un effort européen ne serait pas de trop. Sur la forme, sa rhétorique déforce l’Otan et l’Union européenne.

À qui profite le crime? Il ne faut pas chercher bien loin. La Russie a des visions d’hégémonie sur l’Europe. Moscou mène depuis quelques années une guerre hybride contre l’Otan. Pour démembrer la première alliance militaire mondiale, Vladimir Poutine n’a d’autre solution que de la détruire de l’intérieur. Diviser pour mieux régner. Ses médias de propagande, Russia Today et Sputnik News, remplissent ce rôle à merveille, de même que des organisations européennes gravitant aux extrêmes, de gauche comme de droite.

Le président Trump, à force de récriminations et d’absence de projet commun, a déclaré une guerre froide à ses alliés de l’Otan. La seule solution pour l’Europe est de maintenir le dialogue. Aller de l’avant, en attendant que les Etats-Unis reviennent vers le libre-échangisme. Ce ne sera pas la première fois dans l’histoire que le mouvement de balancier les contraindra, par la force des choses, de revenir du protectionnisme stérile.

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