Trump le "shaker"

Les Etats-Unis et l’Iran étalent leurs tensions.

"La terre est ronde, cela permet à tous les peuples qui l’habitent de se croire au centre du monde", écrit François Reynaert dans "La grande histoire du monde". Le président des Etats-Unis Donald Trump a donné mardi un triste spectacle à l’ONU en giflant l’Iran, après avoir glorifié les miracles de son administration et porté aux nues le dictateur coréen Kim Jong-un. C’est, décode le Premier ministre Charles Michel, "la théorie du shaker". Un an après avoir giflé la Corée du Nord devant la même assemblée, Donald Trump la récompense et s’en prend à l’Iran, laissant entrevoir une lune de miel avec le président iranien Hassan Rohani s’il se soumet.

Donald Trump sème le désordre dans les esprits pour mieux imposer son ordre immoral

L’intéressé n’a pas courbé l’échine. Et ce fut la lune de fiel. "Nazisme", "terrorisme"… les noms d’oiseau ont volé. Hassan Rohani s’en est donné à cœur joie. Faisant battre d’aisance le cœur des ennemis de l’Occident devant l’humiliation de la nation étoilée qui fut, il y a encore quelques années, à la tête du monde libre.

Depuis qu’ils ont tourné le dos au multilatéralisme pour un patriotisme fleurant les années trente et le repli identitaire, les Etats-Unis perdent leur leadership. Tout au plus menacent-ils leurs interlocuteurs de "d’anéantissement total" ou de "guerre commerciale" pour arriver à leurs fins. Mais en prônant le nationalisme grégaire contre l’union des nations, Donald Trump intensifie le chaos.

L’Iran sort gagnant de ce duel. Le régime des mollahs peut continuer à s’ériger en seule force capable de contrer l’hégémonie occidentale. Qu’on ne s’y trompe pas, ce n’est pas le grand Empire perse qui l’emporte. Mais un régime lové dans les replis nauséeux de l’intégrisme et du sectarisme. Un régime qui pend les homosexuels et brise l’émancipation des femmes.

Donald Trump "le shaker" sème le désordre dans les esprits pour mieux imposer son ordre immoral dans un monde livré à lui-même. Dans cette transition, l’Europe devra compter plus que jamais sur elle-même. Et prendre en main son destin.

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