Trump, meilleur ennemi de l'Europe

Journaliste

Attentes et divergences entre Trump et l’Europe.

Nul ne sait ce qui s’est dit entre Donald Trump et le secrétaire général de l’Otan Jens Stoltenberg, hier lors de l’arrivée du Président des Etats-Unis dans le QG flambant neuf de l’Alliance atlantique. Donald Trump marchait d’un pas vif, en actionnaire majoritaire des lieux, écoutant à peine son interlocuteur, tandis que le Norvégien tentait de le suivre en dissertant tel un premier de classe.

Le 45e président des Etats-Unis a prononcé un bref discours, le seul de sa visite à Bruxelles, entre un fragment du mur de Berlin et une relique du 11 septembre. Il a enjoint les alliés à accroître leurs dépenses militaires. La demande fut répétée, martelée aux chefs d’État européens durant un court dîner de travail. Après quoi le Président américain est reparti, sans demander son reste. Sans répondre à la moindre question de la presse européenne.

À aucun moment, Donald Trump n’a rassuré les alliés de l’Otan sur la solidarité des Etats-Unis en cas d’agression contre l’un d’eux.

Durant sa campagne, Donald Trump avait insulté l’Otan la qualifiant d’"obsolète", humilié les Européens en dénonçant "l’Europe allemande" et égratigné les Belges en comparant Bruxelles à un "trou à rats". On aimerait croire, à l’instar de Charles Michel, que le président Trump n’est plus le candidat provocateur et agressif. Le personnage s’est lissé certes, mais rien ne démontre le moindre changement de cap.

La seule décision prise jeudi est l’intégration de l’Otan dans la coalition contre l’État islamique. Une avancée, susceptible d’accroître l’efficacité de la lutte contre le terrorisme. Mais à aucun moment Donald Trump n’a rassuré les alliés sur la solidarité des Etats-Unis en cas d’agression contre l’un d’eux. Pendant la campagne, il avait menacé les "mauvais payeurs" de ne pas intervenir.

Pire. Quelques jours avant l’arrivée de Donald Trump, Ted Malloch, l’ambassadeur pressenti des Etats-Unis auprès de l’UE, est intervenu dans une conférence à Bruxelles pour s’ériger contre la construction européenne, vanter le Brexit et rappeler la doctrine protectionniste et antilibérale du Président américain.

Rien, à part l’emballage présidentiel, n’a changé chez M. Trump.

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