Trump, paria du monde libre

Vincent Georis

Les Etats-Unis arrachent des enfants à leurs parents. L'Europe ne doit pas suivre l'Amérique dans cette dangereuse dérive illibérale.

Certains présidents des Etats-Unis ont incarné les valeurs morales du monde libre. Abraham Lincoln, pourfendeur de l’esclavage, Georges Washington, fondateur des Etats-Unis, Franklin Roosevelt, créateur du New Deal. Le 45e président, Donald Trump n’en sera jamais. Au contraire. Il sera devenu, en une journée, le paria du monde libre. "Ce qui se passe à la frontière, où il sépare les enfants de leurs parents, est un signe qu’il n’est plus le leader moral de son pays ou de la planète", a tranché mercredi Thorbjon Jagland, le secrétaire général du Conseil de l’Europe.

Enfermer des enfants dans une cage est le sommet de l’indignité et de la lâcheté.

Des centaines d’enfants mis en cages. Leurs parents déportés. Ces images, atroces, ont fait le tour du monde. Cette décision a été condamnée de toutes parts, par le Royaume-Uni, l’OCDE, le Canada, le pape François.

Enfermer des enfants dans une cage est le sommet de l’indignité et de la lâcheté. Celui qui commet cet acte est à ce point dissocié des émotions les plus élémentaires d’un être humain que l’on est en droit d’en avoir peur.

La marche arrière de Donald Trump

Le président américain a mercredi après-midi signé un décret évitant la séparation des familles de migrants aux frontières avec le Mexique. Une marche arrière alors que la décision de tolérance zéro fait face au tollé de la population américaine, mais aussi internationale. 

 

Donald Trump fait des émules en Europe, y compris en Belgique. Le dernier venu, le ministre italien Matteo Salvini, appelle sur Twitter à "une épuration de masse, rue par rue, quartier par quartier". Ces élus populistes jouent avec des recettes extrémistes des années 30 et 40. Ils ressuscitent la terminolgie d’époque, comme le chancelier autrichien Sebastian Kurz et son "axe" entre Rome, Vienne et Berlin.

Leurs desseins sont illibéraux et sans rapport avec les défis de société. La relance économique, la création d’entreprises, la transition technologique, les déséquilibres sociaux. Ils n’apportent aucune proposition crédible et n’ont aucun courage face à la corruption et aux maffias. Pour masquer les vrais problèmes et leur incompétence, ils désignent des "coupables" à la vindicte populaire, ceux qui ne peuvent rien contre eux. Les enfants. Les étrangers. Les êtres les plus faibles qui soient à leur portée.

Il n’est pas question que l’Europe accueille toute la misère du monde, ni qu’elle transforme ses frontières en passoires. Mais elle doit remplir sa part d’humanité, à la mesure de sa richesse et de ses valeurs. Ce qui n’est pas le cas aujourd’hui.

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