Uber vs taxis: si on pensait aux usagers?

Journaliste

Dans l'affaire Uber-Taxis, ce n'est pas la quête de solutions pour améliorer la mobilité qui motive l'action politique. Et cela doit changer.

En sept ans, la guerre qui oppose les taxis à Uber et Heetch a déjà fait couler beaucoup d'encre, entre les diverses décisions de justice et les tentatives avortées de réformes de la législation régionale. À l'heure où l'ensemble du secteur est pendu à l'arrêt que devra rendre prochainement la Cour constitutionnelle, la situation demeure plus floue que jamais. C'est la raison pour laquelle L'Écho s'est replongé dans cet épineux dossier avec une question toute simple : comment se fait-il qu'il soit possible de se déplacer dans les rues de Bruxelles avec deux applications qui présentent toutes les apparences de l'illégalité ?

Ce qu'il ressort de l'analyse de ce dossier, c'est qu'il n'y a que des mauvais points à distribuer. Tout d'abord, au géant californien et à son homologue français qui n'ont jamais fait grand cas de la législation locale, préférant le passage en force. Si des milliers de chauffeurs se retrouvent sur le carreau en pleine crise économique parce que l'arrêt récent de la cour d'appel de Bruxelles devient exécutoire, leur responsabilité sera bel et bien engagée. Ont-ils seulement pris la peine de prévenir leurs chauffeurs que le système qu'ils ont mis en place, la fameuse Platform Rider Association (PRA), est qualifié de fraude par la justice ?

Comment se fait-il qu'il soit possible de se déplacer dans les rues de Bruxelles avec deux applications qui présentent toutes les apparences de l'illégalité ?

Aux taxis ensuite. S'il est légitime d'exiger la bonne application de la loi relative au transport rémunéré de personnes, comment peuvent-ils justifier le blocage de son évolution dans un secteur devenu aussi crucial pour le bon développement de la Région-Capitale ? Seuls contre tous, les taxis défendent bec et ongles une ordonnance de 1995 obsolète dans l'unique but de préserver leur situation monopolistique.

Mais la plus mauvaise note, on l'attribue au gouvernement bruxellois et plus précisément à sa composante socialiste. À trois reprises lors de la précédente législature, les camarades ont eu l'occasion de jouer les arbitres en adoptant une législation davantage en phase avec son temps. Soumis à la pression des écuries de taxis dont certains mandataires sont proches, ceux-ci ont préféré le statu quo. Un immobilisme qui coûtera cher si la justice met un coup d'arrêt au secteur LVC avant l'atterrissage du plan taxi promis pour l'été par Rudi Vervoort.

On doit le fiasco actuel au fait que c'est l'intérêt particulier au lieu de l'intérêt général qui a primé pour tous les acteurs. Et les citoyens dans tout cela ? La Région bruxelloise espère les convaincre de se passer d'une voiture personnelle tout en freinant le développement d'une alternative complémentaire au transport public ou au vélo. C'est pas gagné.

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