Un Allemand va gagner. Lequel?

©RV DOC

Deux Allemands vont s'affronter devant la Cour constitutionnelle de Karlsruhe sur les programmes de la BCE.

C’est comme à la Ligue des champions, le mois passé: une finale 100% allemande. À gauche, le tenant du titre, Jens Weidmann, président de la Bundesbank, et par là même, membre du Conseil des gouverneurs de la Banque centrale européenne. À droite, l’étoile montante, le brillant Jörg Asmussen, membre du directoire de la même BCE. L’endroit n’est plus le terrain de foot de Wembley, mais la Bundesverfassungsgericht, Cour constitutionnelle allemande de Karlsruhe, avec ses juges à chapeau, tout de rouge vêtus. Et l’enjeu: rien de moins que la stabilité de l’euro.

La Cour va se pencher aujourd’hui et demain sur la conformité, avec le droit allemand, d’un programme de la BCE. Voté en septembre dernier, ce programme, dit d’opérations monétaires sur titres (OMT), a été mis en place pour acheter les obligations d’un État qui ne parvient plus à se financer sur les marchés, si celui-ci en fait la demande. Tout cela est-il bien constitutionnel?

Deux personnes clés sont invitées à présenter leurs arguments: l’opposant Jens Weidmann (il est le seul des 23 du Conseil des gouverneurs de la BCE à avoir voté contre) et le partisan Jörg Asmussen.

Le score fait peu de doute, pour trois raisons. D’abord, Asmussen dispose d’un supporter de choc dans les gradins: la chancelière Angela Merkel.

Ensuite, on voit mal la Cour constitutionnelle fouler du pied la seule carte rouge prête à être distribuée aux marchés et à leurs spéculateurs de mauvais augure. La BCE n’a jamais utilisé son arme, mais la simple possibilité de la voir brandie a réussi à les calmer.

Troisièmement, la Cour constitutionnelle ne peut rien dire à la BCE, puisqu’elle est, par sa constitution, indépendante.

Elle pourrait par contre demander à son parlement, le Bundestag, de prêter plus attention à ses opérations monétaires. Un avis qui jetterait le trouble dans les marchés.

Ces derniers n’auront probablement pas de réponse avec les prochaines élections fédérales en septembre prochain. Le sujet est en effet très sensible en Allemagne. En attendant, balle au centre.

Lire également

Publicité
Publicité
Publicité

Messages sponsorisés

Messages sponsorisés