Un baromètre de notre société

Jean-Paul Bombaerts

Le KCE évalue la qualité de nos soins de santé

S’il y a bien une chose pour laquelle le Belge accepte d’être fort taxé, c’est pour des soins de santé accessibles et de qualité. Cette réputation exemplaire n’est cependant pas un fait immuable. C’est pourquoi il est utile, comme dans toute bonne médecine préventive, de procéder à un check-up régulier du système. C’est l’exercice que réalise tous les trois ou quatre ans le KCE, le centre fédéral d’expertise des soins de santé.

Il en ressort une série de points forts, comme le traitement des cancers, la faible mortalité néonatale, la bonne maîtrise des dépenses (autour de 10% du PIB), l’efficacité des filets sociaux pour les patients précarisés (interventions majorées, maximum à facturer). Mais il y a aussi des points faibles, comme la vaccination insuffisante (en Wallonie et à Bruxelles), le dépistage du cancer du sein (toujours côté francophone), la surconsommation d’antibiotiques (même si ça s’améliore) ou encore les délais d’attente pour les soins de santé mentale.

Il ne suffit pas de blâmer le corps médical, qui prescrit trop vite, ou le système, qui rembourse trop facilement.

Remédier à ces points faibles requiert des mesures qui ne produiront leurs effets que sur le long terme. D’autant qu’il ne suffit pas de blâmer le corps médical, qui prescrit trop vite, ou le système, qui rembourse trop facilement. Au-delà des indicateurs, qui ne sont finalement que des symptômes, il y a les causes. Pourquoi consommons-nous trop d’antibiotiques? Parfois c’est le patient qui se montre exigeant vis-à-vis de son médecin traitant. Pourquoi prenons-nous tant d’antidépresseurs? Le monde du travail n’est plus ce qu’il était il y a vingt ans. Tout va plus vite, les burn-out prolifèrent. Il y a aussi nos addictions volontaires (smartphones, réseaux sociaux…). Et au milieu de cette agitation permanente, il y a parfois beaucoup de solitude.

En ce sens, le check-up proposé par le KCE constitue un baromètre de l’état de santé de notre société. C’est peut-être aussi une invitation à mieux prendre soin les uns des autres, que ce soit en famille ou au travail.

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