Un caprice d'enfant gâté

Philippe Coulée

La Belgique rate le train de l’e-commerce

Nos décideurs n’en sont pas à leur coup d’essai en matière d’effets d’annonce qui partent en fumée. Le dernier en date est à mettre à l’actif du gouvernement fédéral et concerne la cacophonie autour du régime TVA sur les loyers professionnels. Annoncé urbi et orbi après l’été comme la mesure phare devant soutenir le secteur immobilier professionnel, il est passé à la trappe ce week-end sur l’autel des derniers arbitrages autour de l’accord politique de juillet. En la matière, donner puis retirer est plus dommageable que ne rien faire: à l’immobilisme s’ajoute une insécurité juridique plombant durablement la confiance entre décideurs public et privé, déjà ténue.

Par les temps qui courent, rater ce TGV ressemble à un caprice de gosse de riches.

Il en va de même pour le secteur de la logistique et de son turbo, l’e-commerce, en pleine croissance pour l’instant. Pour permettre aux professionnels belges présents sur ce marché très concurrentiel de rester compétitifs, il leur faut un cadre légal adapté et flexible. À tous les niveaux de pouvoir.

Or, sans même parler de la dernière cacophonie en date, on ne compte plus les tiraillements et le manque de concertation prévalant entre les Régions, préjudiciable au commerce sans frontières.

Le commerce en ligne est un des segments de marché qui fournit actuellement en Europe le taux de croissance le plus prometteur à long terme, tant en besoins d’infrastructures adaptées (supply chain) que de main-d’œuvre. On peut bien sûr faire la fine bouche, juger ce type d’emploi peu valorisant ou trop dérégulé, trouver l’activité gourmande en terrains à bâtir et polluante. Mais par les temps qui courent, rater ce TGV ressemble à un caprice de gosse de riches. Nos voisins néerlandais l’ont bien compris: depuis des années déjà, ils soutiennent légalement et financièrement le secteur logistique, avec des résultats à la hauteur des investissements.

Chez nous, lenteur et incohérence sont toujours de mise. Avec une éclaircie en matière de flexibilité du temps de travail, trop timide encore pour convaincre les professionnels du secteur de ne pas aller investir ailleurs.

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