Un choix cornélien

Olivier Gosset

À propos du remplacement des F-16.

Quel avion de chasse pour l’armée belge? D’un côté, il y a ceux qui estiment que le gouvernement Michel pourra difficilement être crédible à l’avenir en plaidant la construction d’une Europe de la défense tout en attribuant à un constructeur américain le plus gros contrat militaire de ces quarante dernières années. De l’autre, aviateurs et spécialistes font valoir que le critère le plus pertinent pour l’acquisition de 34 appareils pour succéder aux vénérables F-16 ne peut être que la capacité du futur chasseur-bombardier à dominer le ciel pendant les quatre ou cinq prochaines décennies.

Bien sûr que l’environnement international a considérablement changé ces dernières années.

Si on se rallie à la première argumentation, le choix de la Belgique devrait se résumer à trancher entre le Rafale de Dassault et le Typhoon du consortium européen Eurofighter, avec un avantage au premier en raison du partenariat stratégique proposé par Paris. Par contre, l’examen des offres sous le seul angle de l’avantage technologique pur semble faire pencher la balance en faveur du F-35 de Lockheed Martin. Du moins sur le papier, puisque le "Lightning II" n’a pas encore connu les affres du combat.

L’équation est en réalité beaucoup plus complexe. Car les éléments qui doivent être pris en compte pour l’achat du prochain avion de combat de la composante air de la Défense sont extrêmement nombreux. En plus des critères techniques, les paramètres incluent également les retombées économiques qui accompagneront ce marché, les coûts opérationnels, la doctrine d’emploi, la capacité budgétaire de la Belgique, l’évolution de la menace, les mutations géostratégiques ou encore les progrès technologiques prévisibles.

Bien sûr que l’environnement international a considérablement changé ces dernières années, avec l’arrivée de Donald Trump à la Maison-Blanche, le Brexit et une énième tentative de relance de la défense européenne. De là à faire du renouvellement des avions de combat belges un test majeur pour la crédibilité de l’Europe militaire, c’est peut-être un peu audacieux.

Lire également

Contenu sponsorisé

Partner content