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Un chômage économique pour employés est urgent

©Nima Ferdowsi

L’enjeu est énorme : il s’agit de freiner autant que possible les licenciements secs et le chômage structurel. Si ça n’est pas une priorité…

Bruxelles (L'Echo) - Ne tournons pas autour du pot : même si ce n’est pas une panacée, l’introduction temporaire d’une forme de chômage économique pour les employés est une nécessité pour nombre d’entreprises aujourd’hui. Point barre. Et c’est urgent. Voilà pourquoi les atermoiements autour de cette question lancinante depuis des semaines laissent pantois.

Faut-il le rappeler ? Ce n’est pas dans six mois — quand, espérons-le, le plus gros de la crise touchera à sa fin — qu’il faudra autoriser les entreprises à y recourir. Alors qu’il est minuit moins une pour nombre de sociétés, appelons gouvernement, patrons et syndicats à la raison et à la hâte. La responsabilité de l’immobilisme incombe d’abord aux partenaires sociaux, incapables de s’entendre malgré des semaines de négociations. Ils ont ainsi égratigné le modèle belge de concertation sociale. La responsabilité incombe aussi à la majorité fédérale, dont les divisions ont de nouveau pénalisé une bonne action politique.

L’enjeu est énorme : il s’agit de freiner autant que possible les licenciements secs et le chômage structurel. Si ça n’est pas une priorité…
Les entreprises ne doivent pas être autorisées à faire n’importe quoi. Ce qu’elles ne réclament d’ailleurs pas. Il est normal que ce chômage économique des employés soit strictement balisé. La mesure doit être limitée dans le temps (et ensuite évaluée). Elle ne peut pas concerner toutes les entreprises mais bien celles en difficultés. En même temps, elle doit être souple et simple pour s’avérer efficace.

D’autres dispositifs, comme la réduction temporaire du temps de travail, peuvent utilement la compléter.
L’urgence du chômage économique des employés n’exonère pas non plus de résoudre d’autres dossiers au long cours. Citons en deux. Un : l’harmonisation du statut entre ouvriers et employés. La Belgique est un des derniers pays à encore effectuer une telle distinction, aujourd’hui surannée. Et certaines conditions sociales des ouvriers méritent d’être améliorées. Un débat sérieux doit pouvoir s’engager sur la suppression du jour de carence ou sur les délais de préavis. Si les entreprises reçoivent aujourd’hui une aide légitime, elles devront penser à renvoyer l’ascenseur…
Deux : le financement de la sécurité sociale est également un enjeu majeur. Le chômage économique coûte cher à la collectivité. Il ne peut pas être l’occasion de désargenter la sécu. Un financement alternatif doit être assuré, par exemple par le biais d’une fiscalité plus juste.

Alain Narinx

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