Un compromis réaliste. Et ambitieux

©Sofie Van Hoof

La Commission s’engage sur l’énergie et le climat

Réaliste. Avec une pointe d’ambition. Les recommandations de la Commission européenne sont réalistes, mais impliquent toutefois une dose de volontarisme. Et c’est une bonne chose. Cela signifie que les commissaires ont pu s’entendre pour mettre sur la table des propositions chiffrées ayant des chances de se vérifier dans le futur, en matière climatique, énergétique et industrielle. Quand la Commission affirme sa volonté de faire remonter l’apport de l’industrie européenne à 20% du PIB en 2020, c’est le signe que les inquiétudes des industriels, confrontés à la concurrence américaine et asiatique, ont été entendues. Et l’Europe a décidé de se donner les moyens, injectant 150 milliards d’euros pour soutenir les industries innovantes et les technologies propres. Autant dire que pour les entreprises, même les plus gourmandes en énergie, qui décident de jouer le jeu, c’est vraiment une bonne nouvelle.

La Commission européenne a été plus loin dans le réalisme, en adoptant une recommandation laissant la voie libre à l’exploitation du gaz de schiste en Europe à condition de respecter un certain nombre de "principes communs". Il était temps qu’il existe un texte au niveau de l’Union sur ce sujet qui divise non seulement les États membres, mais aussi les opinions publiques au sein de chaque État. Désormais, le Royaume-Uni peut commencer à exploiter son gaz de schiste et la France continuer à bloquer la moindre exploration, libre à eux: leurs opinions publiques sauront au moins ce qui est accepté à l’échelon européen.

Quand la Commission propose de réduire de 40% les émissions de gaz à effet de serre d’ici 2030, il faut savoir que plusieurs commissaires voulaient limiter l’effort à 35%. De même, l’objectif de 27% d’énergies renouvelables (hors nucléaire) dans le mix énergétique en 2020 est un chiffre qui sent le compromis à plein nez. Mais la Commission sait que si elle veut avoir des chances de faire passer son texte au Sommet Energie-Climat des 20 et 21 mars prochain, elle doit proposer un compromis qui tienne la route tout en ayant de l’allure et en ne braquant personne.

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