Un effet Lukaku à la BNB

Rédacteur en chef adjoint

Le rapport de la Banque nationale de Belgique est particulièrement optimiste sur l'économie de notre pays. Enregistrer un bon score ne veut pas dire se reposer sur des lauriers... qu'on n'a pas encore gagnés.

Y aurait-il aussi un effet Lukaku dans les couloirs feutrés de la Banque nationale de Belgique? Rarement un communiqué émergeant de notre institut monétaire aura usé d'un ton aussi optimiste. Et ses pronostics n'ont rien à envier à ceux des chroniqueurs sportifs qui se sont gargarisés de rêve européen durant tout le week-end. Jugez plutôt cette première ligne de son rapport: "Le déploiement rapide des campagnes de vaccination implique qu'une solution médicale efficace pour le Covid-19 est désormais à portée de main, c'est-à-dire bien plus tôt que ce qui était supposé dans les projections précédentes".

Si si, vous avez bien lu: en termes un peu moins techniques, notre banquier central s'étonne lui-même de la rapidité avec laquelle nous avons fait circuler les seringues. Et le reste suit d'un même tenant: la croissance belge a surpris positivement, elle surpasse la moyenne européenne, et l'investissement des entreprises a déjà presque rattrapé son retard de l'année passée. Ajoutons cette coïncidence de l'actualité: lundi l'indice Bel 20 de la Bourse de Bruxelles a retrouvé ses niveaux d'avant-crise, et les investisseurs sont plus optimistes que jamais pour l'avenir. N'en jetez plus, le soleil n'est pas le seul à briller dans le ciel bleu azur de la Belgique.

Oui, ces bonnes nouvelles nous réjouissent et, oui, la Belgique s'en sort plutôt bien. Profitons de cet état de grâce, mais ne le gaspillons pas.

Alors, oui, ces bonnes nouvelles nous réjouissent et, oui, la Belgique s'en sort plutôt bien. Profitons de cet état de grâce, mais ne le gaspillons pas. C'est aussi ce message qu'adresse aujourd'hui la BNB. Elle nous engage à affronter plus tôt les enjeux structurels: le taux d'emploi, le vieillissement de la population, la question climatique, enjeux qui réclament dès aujourd'hui des politiques visionnaires.

Elle pointe aussi l'inflation, certes temporaire, mais suffisante pour exercer une pression non négligeable sur les salaires en raison de l'indexation automatique, défi à venir pour les entreprises et leur compétitivité. Enfin, il y a aussi ce déficit budgétaire accumulé tout au long de la crise. Un déficit salutaire: grâce à lui, la population a pu en partie absorber le choc de la crise. C'est le creusement de ce déficit qui a permis à la Belgique de rebondir aujourd'hui, ne l'oublions pas. Le redressement des comptes ne doit pas casser la reprise encore fragile, mais il n'en est pas moins indispensable.

La Belgique en est là aujourd'hui: sur cette ligne de crête ascendante mais instable. Profitons de cette remontada pour préparer la deuxième partie de la compétition. Nous avons gagné un match, pas le championnat.

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