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Un marché de l'emploi à moderniser

©Sofie Van Hoof

Il faut davantage de "sur-mesure" et moins de complexité administrative.

Le nombre moyen de bénéficiaires d’un crédit-temps dans le secteur privé n’a jamais été aussi bas depuis dix ans, selon les chiffres de l’Onem. Ce n’est pas une surprise: les conditions d’accès à ce dispositif ont été restreintes ces dernières années. Une erreur.

Il faut davantage de "sur-mesure" et moins de complexité administrative.

Car, dans le même temps, les employés sont amenés à travailler plus longtemps. L’âge du départ à la retraite a été repoussé à 67 ans et les "prépensions" sont de moins en moins accessibles. Par ailleurs, la pression au travail ne fait qu’augmenter, comme en atteste l’explosion des cas de burn out ou de maladies longue durée. Enfin, la conciliation entre vies privée et professionnelle relève toujours du casse-tête pour de nombreux ménages. Dans ce contexte, le crédit-temps est une soupape bienvenue. Il est logique de demander aux salariés d’allonger la durée de leur carrière pour tenir compte des besoins de financement du système de pension et de l’augmentation de l’espérance de vie. Il serait tout aussi logique de leur permettre d’aménager leur carrière avec un maximum de souplesse pour qu’elle soit vivable. C’est dans l’intérêt des entreprises également puisque de bonnes conditions de travail favorisent la performance des salariés.

L’aménagement de la carrière passe aussi par celui du temps de travail. Là où c’est possible, avec l’accord de l’employeur, pourquoi ne pas permettre, par exemple, de regrouper son travail hebdomadaire en quatre jours pour qui le souhaite? Voire de réduire le nombre d’heures prestées? Ou, sachant que de nombreux parents doivent gérer des gardes d’enfants alternées, permettre des horaires plus réduits une semaine sur deux, compensés par un travail accru la suivante? Pourquoi ne pas accentuer le télétravail? On pourrait multiplier ainsi les exemples. Plusieurs partis politiques ont des propositions. Aujourd’hui, notre marché de l’emploi porte encore les stigmates d’une législation trop rigide, insuffisamment adaptée aux défis du XXIe siècle, en particulier dans la fonction publique. Il faut davantage de "sur-mesure" et moins de complexité administrative.

Cette souplesse doit valoir aussi pour les entreprises, que ce soit pour répondre à des pics d’activité ou à des besoins particuliers de la clientèle. La loi "travail faisable et maniable" de Kris Peeters a déjà entrouvert la porte en ce sens, par exemple sur les heures supplémentaires ou l’annualisation du temps de travail.

La rencontre des besoins des employés et des employeurs n’est pas facile. Pour les entreprises, les coûts doivent être contrôlés. Il faut un "win-win deal", un nouveau contrat social équilibré. Mais cette flexibilité est une nécessité pour que notre marché du travail soit moderne et efficace. Elle doit figurer à l’agenda des prochains gouvernements, en concertation avec les partenaires sociaux.

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