Un marché du travail à réinventer

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Avec la pérennisation du télétravail et la recrudescence de la "guerre des talents", les entreprises doivent s'adapter. C'est tout le marché du travail qui doit évoluer si l'on veut atteindre les 80% de taux d'emploi en 2030.

C’est la rentrée. Au bureau, un nouveau monde du travail "post-pandémie" se met en place, même si on ne se hasardera pas ici à pronostiquer la fin de la crise sanitaire. Deux exemples: le télétravail devient pérenne; et les pénuries d’emploi sont à nouveau criantes dans certains secteurs.

Dans ce contexte, les entreprises doivent se réinventer. Pour recruter et garder leurs meilleurs talents, elles doivent offrir plus qu’un bon salaire (comme le montre notre dossier "Regards" sur les cinq leçons RH pour l'après-pandémie). Plus que jamais, proposer de la flexibilité, des avantages extra-légaux, une combinaison harmonieuse boulot/vie privée est nécessaire pour être attractif. Avec une règle d’or: le "package" doit être "sur-mesure". L’employé veut davantage maîtriser sa carrière.

La barre de 80% pour le taux d'emploi semble très difficile à franchir. Mais cela n’empêche pas qu’il faut une mobilisation générale pour s’en approcher.

Mais les entreprises ne sont pas les seules à devoir se réinventer. En fait, tout notre marché du travail doit basculer dans une nouvelle ère. La raison ? L’objectif, fixé par le gouvernement De Croo, d’arriver à un taux d’emploi de 80% en 2030 (on est à environ 71%). Soyons réaliste: la barre semble très difficile à franchir. Mais cela n’empêche pas qu’il faut une mobilisation générale pour s’en approcher. La Vivaldi doit s’y atteler avec ambition parce que c’est le meilleur garant pour la soutenabilité des finances publiques et de la Sécurité sociale. À cet égard, la Conférence pour l’emploi de début septembre doit poser le premier jalon de ce parcours, en espérant qu’elle ne sera pas une grand-messe sans lendemain. De vraies réformes doivent être mises en route.

Il n’y a pas une recette miracle pour doper l’emploi. Soutenir les entrepreneurs et l’innovation reste la base. Réduire le coût salarial des peu qualifiés et inciter à travailler plus longtemps demeure incontournable. On insistera ici sur un élément clé: la formation. À Bruxelles et en Wallonie, il y a des dizaines de milliers de chômeurs et d’inactifs, pour une bonne part de longue durée. Ce qui crée un marché de l’emploi dual avec, d’un côté, des entreprises en manque de main d’œuvre qualifiée et, d’autre part, des milliers de personnes qui galèrent pour s’insérer et/ou trouver un job décent. Pour résorber cet écart insupportable, il faut investir dans la formation, que ce soit au niveau des entreprises, de l’enseignement et des pouvoirs publics. Il faut non seulement en faire davantage, mais aussi faire mieux, en termes de qualité des apprentissages et des orientations choisies.

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