Un nouveau départ pour l'Union

Un mécanisme de répartition des réfugiés.

La Commission européenne a taillé une nouvelle pierre angulaire pour l’édifice européen. Un mécanisme permanent de répartition des réfugiés à travers l’Union européenne.

Si les Européens oublient qu’ils ne sont rien sans solidarité, alors l’Union européenne n’est pas beaucoup plus qu’une coquille vide.

La règle, aujourd’hui, est de laisser les pays aux portes de l’Union se débrouiller avec "leurs" migrants. Mais l’ampleur de la crise des réfugiés nécessitait une solidarité européenne: chaque pays, sans exception, doit contribuer selon ses moyens. Et ce principe, l’Union doit l’appliquer dès que possible – la Commission propose une répartition de 160.000 réfugiés arrivés en Hongrie, Grèce et Italie.

Cette proposition est une pierre angulaire parce qu’elle est structurelle. La crise des réfugiés durera au moins aussi longtemps que des conflits sanglants déchireront des peuples aux portes de l’Europe (et l’on ne parle pas des réfugiés climatiques).

C’est une pierre angulaire, aussi, parce qu’elle repose au centre du jeu des principes fondateurs de l’Union européenne au moment où plusieurs responsables nationaux les foulent aux pieds. Le premier est le respect de la dignité humaine: chaque migrant doit pouvoir demander l’asile dans de bonnes conditions. Et la réponse à cette demande d’asile doit reposer sur les menaces qui pèsent dans son pays d’origine. Pas sur sa religion – c’est avec consternation qu’on se voit forcés de le rappeler ici.

Le second principe fondamental est la solidarité entre les États membres. Car qu’on ne s’y méprenne: la répartition n’est pas un geste d’aumône envers les réfugiés. C’est une mesure de solidarité entre les États membres de l’Union, collectivement confrontés au défi d’offrir l’accueil digne qui revient de droit à ces réfugiés.

La pierre de taille est donc sur le chantier, reste à la hisser au sommet de l’édifice européen. C’est aux dirigeants des États membres qu’il revient de le faire. Il faut espérer qu’ils prennent la mesure de l’importance historique de leur décision. Car si les Européens délaissent leurs principes humanistes et oublient qu’ils ne sont rien sans solidarité, alors l’Union européenne n’est pas beaucoup plus qu’une coquille vide.

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