Un nouveau rapport de force en Grèce

La gauche radicale en tête en Grèce.

Tous aux abris! L’élection présidentielle grecque a dérapé, des élections anticipées sont programmées et la gauche radicale est pressentie pour les gagner. Il n’en fallait pas plus pour reparler de dette souveraine européenne, d’incertitude sur les marchés ou de sortie de la zone euro. Pourtant, la Grèce caractérise aussi une autre réalité plus difficile à évoquer, celle d’un malaise profond dans une part importante de l’Europe.

Nul besoin de rappeler aux Grecs que la responsabilité initiale de la crise qui les touche vient de chez eux. Le pays a été dilapidé et les comptes trafiqués par des politiques de leur propre pays. Mais plutôt que de seulement payer pour leurs erreurs, les citoyens grecs semblent aujourd’hui payer deux fois. D’abord via l’austérité, mais également via l’absence d’alternative démocratique. Impossible pour un Grec de vraiment se faire entendre dans les urnes s’il vote pour un parti "raisonnable". Les partis traditionnels, en partie responsables du fiasco, doivent s’aligner sur le consensus européen et international entourant le plan d’aide à la Grèce.

Faible inflation et manque de croissance, peut-être que le moment est opportun pour lâcher du lest vis-à-vis des Grecs.

Les partis plus radicaux, comme Syriza, s’encombrent moins de tels détails et de la responsabilité de la crise. Ils entendent forcer l’Europe à changer sa politique à leur égard. Pourtant, ces radicaux se gardent bien de parler de sortie de la zone euro ou de l’Europe. Ils veulent "renégocier".

On est donc loin de l’extrême-gauche qui avancerait la faucille dans la main gauche, le point droit levé et la guillotine dans l’arrière-cour, mais plutôt dans un rapport de force qui aurait changé entre la classe politique grecque et la Troïka.

Une promesse de politique de relance qui pourrait néanmoins se faire sans la gauche radicale car la faible inflation ou le FMI poussent à un shift de politique économique sur le continent. Peut-être le temps est-il venu pour l’Europe de lâcher un peu de lest vis-à-vis de la Grèce, ne serait-ce que pour rappeler aux Grecs qu’ils sont Européens et pour enrayer l’avancée d’un parti aux intentions peu claires. Cela couperait au passage l’herbe sous le pied des populismes qui se nourrissent des politiques d’austérité aux quatre coins de la zone euro.

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