Le Roi prolonge la mission des informateurs

Plus de 230 jours après les élections, la constitution d’un gouvernement fédéral reste dans l’impasse totale. Ce lundi, faute d’alternative, la mission d’information de Georges-Louis Bouchez et Joachim Coens a été prolongée de deux semaines par le Roi dans l’espoir d’arriver à des "clarifications". Pourtant, compte tenu de l’arithmétique électorale, les données du problème sont peu ou prou les mêmes depuis des semaines, voire des mois: il faut soit une alliance entre PS et N-VA, soit une coalition "arc-en-ciel" élargie au CD&V (appelez cet exécutif "Vivaldi" si ça vous chante).

La formation d’un gouvernement est également parasitée par des querelles d’ambitions et d’ego.

La première hypothèse relève d’une illusion. Tout oppose les deux partis et ceux-ci n’ont aucun intérêt à convoler.

La seconde hypothèse est la plus réaliste. Elle commande toutefois que certains, en Flandre, fassent leur deuil de la présence de la N-VA au gouvernement. Le CD&V, en particulier, reste réticent. Jadis grand pourvoyeur de commis de l’État, ce parti aujourd’hui aux abois est désespérément à la recherche d’un phare. Maître tacticien, Bart De Wever feint des concessions pour mieux embarrasser le parti démocrate-chrétien et même séduire le sp.a. Peut-être faudra-t-il d’ailleurs "mouiller" le président de la N-VA dans une mission royale pour que le CD&V accepte enfin de s’en détacher.

La Belgique est plus que jamais l’otage de partis occupés à jouer au "valet noir", ce grand classique de la politique consistant à tenter de refiler à l’adversaire le mauvais rôle aux yeux de l’opinion publique. La formation d’un gouvernement est aussi parasitée par des querelles d’ambitions et d’ego, en particulier pour savoir qui pourrait décrocher le "Seize", c’est-à-dire le poste de Premier ministre.

Il faut que cette mauvaise comédie cesse au plus vite. Qu’on rentre dans le vif du sujet. Qu’on négocie vraiment sur le contenu des mesures et des notes des différents informateurs. Chaque jour qui passe ne fait que creuser la défiance de la population envers le monde politique. Et à ce jeu-là, tous sont perdants, sauf les populistes.

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