Un plan "B" pour bpost

Michel Lauwers

Et si le but du jeu était de précipiter la privatisation?

Un ancien ministre fédéral socialiste francophone a-t-il "saboté le deal de l’année", comme l’a tweeté le secrétaire d’Etat N-VA Theo Francken? Jean-Pascal Labille porte-t-il une "énorme responsabilité" dans l’échec du rachat du néerlandais PostNL par bpost, comme l’a dit Alexander De Croo, ministre de tutelle? C’est sans doute aller vite en besogne – et en accusation. Des déclarations de la direction de bpost, il ressort que d’autres éléments de la transaction ont fait capoter les négociations. Le plus vraisemblable est que la "sortie" inconsidérée de Labille a fait accélérer le processus qui a abouti, ce week-end, au constat d’échec.

La direction de bpost reste étonnamment sereine, comme si elle avait un plan "B" dans ses cartons.

Contrastant avec le ton – souvent véhément, voire violent – des responsables politiques sur ce dossier, le CEO de bpost reste étonnamment serein. Koen Van Gerven ne semble pas trop affecté, bien que son groupe vienne de louper, selon ses dires, une belle "opportunité". Comme s’il avait déjà un plan "B" dans ses cartons… Bpost reste à l’affût d’une acquisition importante qui renforcera sa position sur le marché des colis, dit-il en substance. Au passage, il confirme aussi qu’un des buts de la manœuvre était ("est", puisqu’un rachat reste d’actualité) de rendre bpost plus difficile à croquer par un des géants du secteur.

Sur l’échiquier du marché européen, l’aventure laissera des traces, dont bpost pourra, ou ne pourra pas, tirer profit. Côté positif: on le prendra désormais plus au sérieux dans le secteur des fusions et acquisitions puisque tout un chacun aura pris conscience de ses possibilités et de la hauteur de ses ambitions. Côté négatif: une des causes de l’échec avec PostNL serait la défiance qu’aurait inspirée aux Néerlandais la présence (prépondérante) de l’Etat belge dans le capital de bpost. Notre Poste historique devra continuer à supporter ce handicap, sauf à pousser plus loin sa privatisation avant de repasser à l’offensive… Allô, le Fédéral?

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