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Un plan de relance en trompe-l’œil ?

©Nima Ferdowsi

La Commission aurait pu aller plus loin dans la concertation des actions, voire dans les obligations respectives des différents gouvernements.

Bruxelles (L'Echo) - C’était il y a bientôt deux mois. Face à une débâcle sans précédent du secteur bancaire, l’Europe mettait sur pied en un temps record un plan de sauvetage de ses institutions financières reposant sur des initiatives nationales.

L’opération, concoctée par la présidence française de l’Union européenne sur la base du modèle britannique, fut un succès. Au point de faire école dans le monde et de donner aux Vingt-sept une nouvelle légitimité en matière de réforme de l’architecture financière mondiale.

La crise s’étant rapidement étendue au reste de l’économie, il a fallu remettre l’ouvrage sur le métier. La Commission européenne, qui était restée largement en retrait lors de la première contre-offensive, a tenté hier de reprendre le train en marche. A ceci près que relancer la conjoncture, c’est autre chose que d’assurer des garanties bancaires et de nationaliser certaines institutions.

L’exécutif européen est à la base assez mal outillé pour ce genre d’initiative. Le budget européen ne pèse que 116 milliards d’euros, soit à peine plus d’1 % du PIB des 27 Etats membres. Il est de surcroît très difficile à remanier, surtout lorsqu’on parle de montants importants.

L’équipe Barroso s’est donc résignée en grande partie à apposer le label européen sur un éventail de mesures nationales, dont on ignore encore les éventuelles répercussions négatives sur l’économie du voisin. Elle aurait pu aller plus loin dans la concertation des actions, voire dans les obligations respectives des gouvernements. Car les Etats qui ne bougent pas laissent le gros de l’effort à leurs partenaires.

Or, pour une fois, les économistes sont quasiment d’accord : la relance keynésienne - puisque c’est bien de cela qu’il s’agit - qu’ils appellent de leurs vœux ne sera efficace que si elle massive et concertée.

La modestie de l’initiative de l’équipe Barroso tranche avec le volontarisme du Livre blanc de Jacques Delors de 1993 sur la compétitivité et la croissance. Un document qui fut, il est vrai, vite oublié par les « Douze » à l’époque. A force de se faire crosser par les gouvernements ces dernières années, la Commission de 2008 a sans doute péché par excès de prudence.

Une réserve qui l’a empêché de mettre sur la table des propositions plus ambitieuses, comme celle d’un emprunt européen ou la demande pressante d’une révision du budget de l’UE pour en faire un véritable outil d’intervention conjoncturel.

Par
Olivier Gosset
Journaliste Economie-International
 

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