Un problème de principes

Le risque de pauvreté guette un Belge sur six

Alors qu’approchent les fêtes de fin d’année avec leur lot de dépenses souvent futiles, 16,4% des Belges devront continuer à serrer ceinture. Un Belge sur six risque en effet de glisser sous le seuil de pauvreté. C’est un chiffre indigne d’un pays riche doté d’une économie avancée. Si cette proportion n’évolue pas beaucoup sur le long terme, la nature de la pauvreté a par contre évolué. Jusqu’il n’y a pas si longtemps, la précarité concernait surtout les pensionnés. Aujourd’hui ce sont principalement des jeunes ménages qui, parfois même en travaillant, peinent à nouer les deux bouts. Ce qui pose des questions en termes de solidarité intergénérationnelle mais c’est là un autre débat.

La pauvreté est indissociable de l’accès au marché de l’emploi pour certains groupes fragilisés.

Les libéraux ont coutume de dire que l’emploi constitue le meilleur rempart contre la précarité. Mais c’est un peu court. Car la question de la pauvreté est indissociablement liée à l’accès au marché de l’emploi pour certains groupes fragilisés. Le taux d’emploi en Belgique de ceux qui n’ont pas de diplôme d’humanités est parmi les plus bas d’Europe. Un grand groupe de personnes se retrouve ainsi tributaire d’une allocation sociale qui est forcément basse puisque les moyens financiers ne sont pas extensibles. Pour bon nombre d’entre elles, un emploi à temps plein est très compliqué à obtenir car elles reviennent trop cher compte tenu de leur niveau de productivité. Dans ces conditions, relever le salaire minimum à 2.300 euros, comme l’exigent le PS et la FGTB, n’est peut-être pas le meilleur service que l’on puisse rendre à ces personnes.

Certains pays, comme nos voisins néerlandais, ont pris le problème autrement. Ils encouragent le temps partiel combiné avec une allocation assortie d’une formation professionnelle. Si la formule semble porter ses fruits en terme de baisse du chômage, le hic, c’est que ces temps partiels sont souvent des emplois flexibles. Pour les syndicats et certains partis politiques, cela pose un problème de principe.

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