Un risque pour la gouvernance

L’ouverture du capital de Sibelga est au frigo

Le veto du parti socialiste bruxellois à l’ouverture du capital de l’intercommunale de distribution d’énergie Sibelga pose question. Le projet, mûri depuis des années, visait à offrir à l’intercommunale plus de professionnalisme et une meilleure gouvernance. Luc Hujoel, patron de Sibelga, rêvait d’un actionnaire privé à l’image de la Caisse du Québec, qui apporte à Fluxys une vraie plus-value en termes de connaissances industrielles et de vision internationale.

Un partenaire de ce type aurait aussi formé un rempart contre la tentation d’une trop grande ingérence du politique dans la gestion, comme c’est le cas dans d’autres intercommunales. Une garantie pour le management, mais aussi pour les responsables publics eux-mêmes.

Les dirigeants socialistes bruxellois tournent le dos à une occasion de professionnaliser Sibelga et de consolider son caractère public.

L’écueil semble avoir été évité jusqu’ici chez Sibelga grâce à la personnalité de Luc Hujoel, qui a une vraie vision des enjeux du secteur et le sens de l’intérêt collectif, et a su trouver un modus vivendi avec ses actionnaires. Mais le conseil d’administration de Sibelga compte pas moins de 28 membres, désignés par les communes au gré des élections. Et pour cause de règles sur le cumul et d’émoluments peu généreux, les personnalités de premier plan y sont rares. Il y a bien un organe plus réduit, le comité directeur, où ne siègent que 7 administrateurs, mais ces derniers sont choisis par les présidents de parti bruxellois en fonction de subtils équilibres dans l’ensemble des intercommunales. Ce n’est pas la meilleure manière de garantir l’avenir d’une entreprise qui distribue le gaz et l’électricité à tous les Bruxellois et gère près de 1,5 milliard d’euros d’actifs.

L’ouverture du capital aurait pu être l’occasion de professionnaliser les structures, tout en consolidant le caractère public de l’intercommunale: l’argent frais récolté aurait pu apaiser les velléités de certains mandataires, échaudés par Dexia, qui songent à se dégager de l’énergie. Une occasion à laquelle les dirigeants socialistes bruxellois ont choisi de tourner le dos.

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