Un sacré coup sur la tête

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L'OCDE prévoit une croissance de la zone euro de 1% à peine.

L’OCDE a asséné un sacré coup sur la tête des responsables de la zone euro et, au passage, mis la pression sur les membres de la Banque centrale européenne qui se réunissent aujourd’hui à Francfort. L’année 2017 paraît déjà bien loin. Cette année-là, la croissance avait été anormalement élevée grâce notamment à l’impact de la relance économique chinoise. Depuis lors, la situation s’est singulièrement dégradée. L’an dernier, l’économie européenne a ralenti plus nettement que prévu sous le poids des incertitudes. Et si l’on en croit l’OCDE, nous ne sommes nullement au bout de nos peines, la croissance devant se limiter à un bien maigre 1% cette année. C’est bien simple, la zone euro est la plus fortement sanctionnée par Laurence Boone, la chef économiste de l’Organisation de coopération et de développement économiques. Car c’est ici, en Europe, que les vents contraires soufflent le plus violemment: impact des tensions commerciales avec les USA, érosion de la confiance, incertitudes politiques (Brexit, élections européennes, Italie…).

Si le scénario pessimiste de l’OCDE se matérialise, il faudra se montrer prêt à passer à la vitesse supérieure.

Dans ce contexte, on voit assez mal la BCE rester de marbre. Il n’est plus question de remonter les taux d’intérêt cette année, Mario Draghi pourra quitter Francfort sans jamais avoir relevé une seule fois les taux. Au contraire, l’institution monétaire pourrait annoncer dès aujourd’hui qu’elle est disposée à prendre de nouvelles mesures pour soutenir l’activité économique. Pour rappel, en décembre dernier, la BCE tablait encore sur une croissance de 1,7% pour 2019. Mais si le scénario pessimiste de l’OCDE se matérialise, il faudra aussi se montrer prêt à passer à la vitesse supérieure en termes de mesures à mettre en place. Les pays européens peu endettés pourraient se risquer à une nouvelle initiative coordonnée de relance budgétaire. Et, comme l’indique l’OCDE, les réformes structurelles sont toujours nécessaires, afin d’accroître croissance et productivité. De quoi ouvrir la porte à une progression des salaires (et des prix). C’est sûr, la BCE applaudirait des deux mains.

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