Taxe kilométrique: une concertation? Chiche?

Newsmanager

Le gouvernement bruxellois a validé son projet de taxe kilométrique intelligente, provoquant une levée de boucliers.

La Belgique est ainsi conçue que les compétences des Régions et de l’État fédéral s’enchevêtrent souvent. La conséquence est que, par la faute d’intérêts divergents, notre système politique fonctionne aussi mal qu’un vieux moteur diesel bon pour la casse. La mobilité en est une belle illustration.

Le constat est connu: en temps normal (lisez: hors confinement), nos routes sont parmi les plus embouteillées d’Europe et l'alternative à la reine voiture reste déficiente. Notre économie y gaspille des milliards d’euros. Notre environnement tousse. C’est une préoccupation majeure pour les citoyens, comme pour les entreprises. Et pourtant, depuis des années et des années, rien (ou presque) ne bouge. Le pays est bloqué comme un automobiliste sur le ring bruxellois en heure de pointe.

Le problème de la taxe bruxelloise, ce n’est pas la taxe, c’est son côté bruxellois.

Dans ce contexte, le gouvernement bruxellois avance. Il a validé ce jeudi son projet de taxe kilométrique intelligente, improprement labellisé "péage urbain" par ses détracteurs. L’idée est de refonder la fiscalité automobile pour promouvoir une taxation à l’usage. Et, comme à chaque étape qu’il franchit, ce projet suscite des cris d’orfraie. Comme autant de coups de klaxon rageurs d’un automobiliste coincé dans les bouchons. Ça passe les nerfs certes (et encore…), mais ça ne résorbe pas la file

Le problème de la taxe bruxelloise, ce n’est pas la taxe – le principe de la réforme est juste et nécessaire –, c’est son côté bruxellois. Autrement dit, le projet bute sur les limites de notre modèle institutionnel. Appliquée aux seules frontières de la capitale, il induit en effet un surcoût pour les navetteurs wallons ou flamands. D’où la nécessité d’une concertation avec les Régions et le fédéral. Ce qui tombe bien: c’est justement ce que propose le gouvernement bruxellois.

La concertation, c’est un vaccin contre l’immobilisme.

Et si, plutôt que de se draper dans les mêmes sempiternelles postures stériles, on essayait un vrai dialogue, on tentait une vraie politique de mobilité intégrée, dont la taxation intelligente n’est d’ailleurs qu’un levier? La concertation, c’est un vaccin contre l’immobilisme. Le système politique est ce qu’il est, mais il ne peut être une excuse pour ne pas agir. Personne ne peut se satisfaire d’un statu quo. C’est la responsabilité des élus et des gouvernants de dépasser leurs intérêts particuliers au bénéfice de tous. Il est plus que temps de donner un coup d’accélérateur pour arriver à une mobilité plus performante.

Lire également

Messages sponsorisés