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Une étape vers la guérison

©Nima Ferdowsi

Il est normal que les gens aient besoin de crier leur colère. Mais ensuite, il sera temps de passer à l’étape suivante

Bruxelles (L'Echo) - En psychanalyse, cela s’appelle la catharsis, du grec « katharsis », « purification ». Soit la « libération d’affects longtemps refoulés dans le subconscient et responsables d’un traumatisme psychique ».

Voilà exactement ce qui risque de se produire aux assemblées générales de Fortis, en ce début de semaine. À la différence que le traumatisme des actionnaires n’est pas seulement psychique mais aussi financier. Et que le nerf de la guerre est un organe particulièrement sensible quand il est à vif.

Depuis le 28 septembre, la déconfiture de leurs actions, la revente des activités opérationnelles et les remarques du Premier ministre sur les détenteurs d’actions « qui prennent des risques », les actionnaires de Fortis ont avalé pas mal de couleuvres. Pendant des semaines, leur rancœur a enflé. Ils ont déjà eu l’occasion de dire leur façon de penser, par justice interposée, en contestant le rachat par BNP Paribas. Mais certains estiment ne pas avoir obtenu gain de cause. D’autres ont usé largement des nouvelles technologies et déversé leurs états d’âme sur les blogs et autres forums internet.

Mais il n’empêche. Des milliers de petits porteurs d’actions Fortis se sont inscrits pour participer à la plus grande réunion d’actionnaires que l’on ait connue dans nos contrées. Pour tenter, d’une manière ou d’une autre, de faire entendre leur voix.

En criant leur colère ou en votant contre les propositions du conseil d’administration. Pour les responsables de Fortis qui risquent de passer un mauvais quart d’heure (et que dire des absents !), c’est un mal nécessaire. On a trop souvent traité les quelques irréductibles habitués des assemblées générales, au mieux, avec condescendance, quand ils n’étaient pas ignorés purement et simplement.

Un défouloir ? Sans doute. Mais Etienne Davignon, pressenti pour présider le conseil d’administration du holding Fortis, reconnaissait récemment qu’après un traumatisme pareil, il est normal que les gens aient besoin de crier leur colère. De faire le deuil de leurs actions de « bon père de famille » en allant jusqu’au bout de leur frustration.

À l’issue de ces deux journées dont on espère qu’elles se dérouleront sans débordements verbaux inutiles, il sera temps cependant de passer à l’étape suivante. De confier à une nouvelle équipe la tâche, pas facile, de rendre un peu d’espoir à ces milliers de détenteurs d’actions qui ont (presque) tout perdu. Mais cela ne sera possible qu’après le probable paroxysme des assemblées générales. La catharsis est une étape incontournable vers la guérison.

par
Martine Maelschalck
Rédactrice
en chef

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