Une hausse du Bel 20 à relativiser

La chasse aux records boursiers

Au début de l’année 2019, personne n’aurait osé miser un euro sur d’aussi belles performances boursières: 19% de hausse pour l’indice Bel 20 et plus de 22% pour la Bourse américaine. Inespéré. Il faut se souvenir qu’à la fin 2018, la morosité régnait en maître. Le Bel 20 avait enregistré la troisième plus mauvaise année de son histoire, avec une chute de 19%, alors que la Bourse américaine avait perdu 6%. Les progressions de cette année doivent donc être relativisées. Après tout, la Bourse belge n’a pas encore retrouvé ses niveaux du début 2018.

Après tout, l’indice Bel 20 de la Bourse de Bruxelles n’a pas encore retrouvé ses niveaux du début 2018.

Si les marchés ont retrouvé du souffle ces derniers temps, c’est surtout dans l’anticipation d’un accord commercial entre les Etats-Unis et la Chine. Quelle en sera la teneur exacte, quand la "paix des braves" sera-t-elle signée? Personne ne peut le dire. Et Donald Trump peut se montrer insaisissable sur quantité de dossiers.

Plus globalement, la hausse repose aussi sur la politique monétaire expansionniste des banques centrales, les "amies des marchés boursiers". En septembre, la BCE a sorti son bazooka monétaire alors que la Federal Reserve (Fed) américaine a récemment abaissé ses taux directeurs. Si la Fed risque désormais d’observer une pause sur les taux, elle continue à injecter des liquidités pour apaiser les tensions sur le marché monétaire. Merci les banques centrales…

La progression boursière est également alimentée par les rachats d’actions opérés par les sociétés. Selon des analystes, un tiers des gains enregistrés par l’indice américain S&P 500 depuis 2009 proviendrait même de cet élément. Ces rachats d’actions et le soutien inébranlable des banques centrales font d’ailleurs dire que ce rally haussier de la Bourse américaine est le plus détesté de l’histoire. Il repose davantage sur un dopage artificiel des cours que sur la réelle santé bénéficiaire des entreprises. Pour qu’un tel rally se poursuive de manière saine, l’économie devra répondre présente et éviter les écueils de la récession. Mais pour l’instant, les marchés ne veulent pas trop y penser.

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