Une issue équilibrée pour Opel, d’urgence!

Il y a encore deux mois, General Motors était la risée du monde de l’automobile. Trop lent à embrayer sur la construction de voitures moins énergivores, le 1er des Big Three n’avait dû son salut qu’au bon vouloir de l’administration Obama. Mais le constructeur de Detroit a agi. Fermant seize usines pour relancer la mécanique. Une coupe sèche, intransigeante, qui fait aujourd’hui défaut chez Opel.

Pour tous les observateurs, c’est pourtant une évidence: la marque à l’éclair fait, comme sa maison mère, face à une surcapacité qu’il est nécessaire d’effacer. L’emploi devra trinquer. Au prix des principes européens? Magna et Berlin semblent s’être précipités.

En jouant seule la surenchère sociale, selon la formule plus je paie, plus je sauve «mes emplois», Angela Merkel n’a fait que cristalliser les enjeux. Selon le plan initial, Magna prévoit de supprimer 16 % des emplois allemands. Seraient parallèlement touchés 30 % des britanniques, 32 % des espagnols, 100 % des belges.

Une répartition bien inégale… qui ne repose sur aucune logique industrielle. Des études internes le prouvent: comparés à un site comme Bochum qui, lui, est préservé, Anvers et Saragosse sont loin d’être obsolètes.

Pendant des mois, l’Union a laissé faire. Curieusement. Mais le retour de flammes devait avoir lieu. Alors que la Commission émet des premiers «doutes sérieux», chacun conditionne son soutien. Magna a accepté de discuter avec les Anglais et 600 jobs ont pu être sauvés dans les deux usines de Sa Majesté. L’Espagne ne se contentera pas de demi-compromis.

Côté belge, les discussions sont au point mort et les plans pour Anvers restent extrêmement flous. Magna a-t-il les arguments pour rassembler? Difficile à dire. Comme si l’exercice n’était déjà pas assez périlleux, le temps presse. Les caisses d’Opel, que Berlin a renflouées en juin, se vident à vitesse grand V. Le risque d’une faillite refait surface. Le château de cartes que tente de bâtir le patron de Magna n’a jamais paru aussi fragile.

François Bailly

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