Une leçon d'espagnol

Les blocages politiques

Des socialistes en tête mais minoritaires, des indépendantistes puissants, une extrême droite avec le vent en poupe, gauche et droite qui se regardent en chiens de faïence, un blocage politique persistant rendant la formation d’un nouveau gouvernement très difficile. On parle de l’Espagne bien sûr. Mais la situation à Madrid présente tout de même quelques similitudes intéressantes avec celle de la Belgique. En particulier sur un point: le retour aux urnes.

On n’en est pas encore là. Mais revoter, c’est un scénario qui circule dans les coulisses des partis belges au cas où aucune solution ne se dégagerait à moyen terme pour former un nouvel exécutif fédéral. Après tout, le suffrage libre des citoyens est une des clés de voûte d’un système démocratique. Il n’y a aucune honte d’y recourir. Au bout d’un certain temps, rendre la parole aux gens est parfaitement légitime, c’est vrai.

L’exemple espagnol montre qu’un retour aux urnes n’est pas la panacée.

Mais l’exemple espagnol montre que ce n’est pas la panacée. Les Espagnols ont voté dimanche dernier pour la quatrième fois en quatre ans pour arriver, peu ou prou, au même résultat à chaque fois: une impasse et une instabilité politiques, avec pour seule différence une percée de l’extrême droite.

En Belgique, un retour aux urnes serait un terrible aveu d’impuissance. Il risque fort de favoriser les extrêmes. La peur d’un vote sanction est d’ailleurs sans doute le meilleur antidote à des élections anticipées précipitées.

D’autres idées, comme imposer un délai pour former un gouvernement (avant un retour automatique aux urnes) ou modifier le système électoral pour favoriser un scrutin majoritaire, ont également été citées pour résoudre le casse-tête belge. La réalité, c’est qu’aucun artifice, aucun scrutin anticipé, ne fera disparaître, par un coup de baguette magique, les problèmes de fond: le populisme et l’extrémisme, le désenchantement des citoyens vis-à-vis de la politique, les difficultés sociales, le défi de la transition climatique, l’avenir des relations entre francophones et néerlandophones (liste non exhaustive évidemment).

Il n’y a pas de recette miracle. Mais répondre à ces problèmes reste la meilleure solution pour sortir durablement de la crise du politique.

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