Une ouverture en trompe-l'oeil

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Les dernières décisions du Comité de concertation permettent de relâcher un peu la pression. Mais elles semblent insuffisantes pour calmer le ras-le-bol des citoyens. Et l'approche de la crise reste hélas inchangée.

Un tout petit pas en avant. Le Comité de concertation a décidé d’assouplir un peu, par phases, les restrictions mises en place pour lutter contre le Covid-19. Ce choix a été opéré parce que nos gouvernants étaient acculés par la vox populi, et non en raison d’une réelle amélioration de la situation sanitaire. Pour le monde politique, respecter plus ou moins les promesses énoncées avant Pâques était le minimum pour pouvoir conserver une once de crédibilité.

Ces bouffées d’oxygène sont évidemment les bienvenues. C’était une nécessité pour une bonne partie de la population, au bord de la crise de nerfs. Il fallait relâcher la pression. Il y a un besoin d’équilibre entre les impératifs de santé publique et la vie sociale et économique.

Mais ces décisions laissent planer beaucoup d’incertitudes. En termes de gestion de l’épidémie, quel en sera l’impact ? Le pari est que des règles un peu plus souples seront mieux respectées, qu’on pourra ainsi éviter une flambée des cas et que la vaccination fera le reste. Mais l’édifice reste fragile car la situation dans nos hôpitaux est tendue. Et le nouveau variant brésilien menace. L’épée de Damoclès persiste, en particulier pour les futurs allègements prévus en juin.

Il y a un besoin d’équilibre entre les impératifs de santé publique et la vie sociale et économique.

Sur le plan sociétal, le chemin est encore long avant un retour à la vie normale. L’horeca ne rouvre que partiellement et tardivement; la culture, l’événementiel ou le sport doivent encore et toujours patienter et les contacts sociaux restent très limités. Pour l’horeca en particulier, la pilule reste amère: l’ouverture des terrasses le 8 mai – une date qui sent le compromis politique à plein nez – ne représente qu’un pis-aller. Difficile d’imaginer le secteur se relever dans ces conditions.

Bien sûr, il est logique de déconfiner avec prudence et par étapes. Bien sûr, la vaccination progresse. Mais nos gouvernants n’ont pas vraiment apporté une nouvelle stratégie de crise. Lundi, des experts de l’ULB et de l'UCLouvain plaidaient une nouvelle fois pour une autre approche, "vivre malgré le virus", en cassant la logique d’ouverture ou de fermeture à l’aveugle, par secteur, pour privilégier un déconfinement ciblé, sur mesure, avec des protocoles stricts et des lieux «covid safe». L’objectif étant de minimiser les risques en pénalisant le moins possible la population. Le message a été partiellement entendu, mais on en reste à des projets d’événement test. Trop peu, trop tard, comme souvent dans cette crise.

Le Premier ministre Alexander De Croo a lancé un appel à la confiance et à la responsabilité. Au final, pas sûr que ces quelques assouplissements en trompe-l’œil suffisent pour qu’il soit entendu.

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