Une paix sociale à conquérir

L’accord social approuvé par la CSC.

La CSC a exprimé hier un "oui" du bout des lèvres au projet d’accord conclu entre patrons et syndicats. Le gouvernement a ainsi franchi une étape vers la paix sociale, s’enthousiasme Charles Michel. Au passage, même si la FGTB a calé sur ce texte, cela démontre toutes les vertus de la concertation sociale. Pour autant, l’exécutif de Charles Michel n’a pas encore convaincu, loin de là, le monde du travail. La possibilité de nouvelles actions de grève en atteste. Et pour gagner la paix sociale, le gouvernement devra réussir deux tests décisifs: le "tax shift" et le "saut d’index". Avec un dénominateur commun dans ces deux dossiers: le poids des symboles y pèse très lourd.

Pour gagner la paix sociale, le gouvernement devra réussir deux tests décisifs: le "tax shift" et le "saut d’index".

Le "tax shift" vise à diminuer notablement la fiscalité sur le travail. Une orientation judicieuse. Pour compenser, le gouvernement a plusieurs options: hausse de la taxation du capital, de la TVA, de la fiscalité immobilière ou environnementale, etc. Son impératif doit être la justice fiscale. Les récents scandales Lux Leaks ou Swiss Leks viennent renforcer son urgence. À cet égard, si elle est bien pensée, une taxation accrue du capital, par exemple sur les plus-values les plus spéculatives, nous paraît envisageable. Dans le même esprit, le gouvernement doit renforcer la lutte contre la fraude et l’évasion fiscale.

Le "saut d’index" vise pour sa part à améliorer la compétitivité de nos entreprises. Un objectif pertinent et indispensable. Cette position concurrentielle ne dépend pas que de facteurs salariaux, mais aussi de l’innovation, par exemple. Surtout, en période de quasi-déflation, le "saut d’index" arrive à contretemps. C’est une mesure unique qui ne résout d’ailleurs pas certains problèmes structurels liés à l’indexation des salaires. Plusieurs patrons et économistes n’y trouvent d’ailleurs qu’un intérêt limité. Grever le pouvoir d’achat a aussi un impact négatif sur la confiance et la consommation des ménages et, par corollaire, sur la croissance. Le gouvernement doit se demander s’il est nécessaire de s’y accrocher alors que son coût social et économique paraît plus grand que les bénéfices escomptés.

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