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Une pause dans les adhésions à l’UE ?

©Nima Ferdowsi

Si la crise devait se prolonger dans l’ensemble des pays de l’Est, la charge s’alourdira encore, solidarité européenne oblige.

Bruxelles (L'Echo) - On l’avait presque oublié : bien que l’Union européenne soit passée en quelques années de 15 à 27 membres, plusieurs pays frappent encore à sa porte. Régulièrement critiquée à l’intérieur de ses frontières, l’UE est en effet perçue hors de celles-ci comme un succès historique indéniable.
 
Sept États se sont vus promettre l’adhésion : la Croatie, la Macédoine, le Monténégro, l’Albanie, la Bosnie-Herzégovine, la Serbie et la Turquie, avec les réserves que l’on connaît. Derrière eux, d’autres sont en embuscade : l’Ukraine, la Géorgie, la Moldavie et l’Arménie.
Pour les derniers cités, il n’y a aucune perspective d’entrée à court ou moyen terme. Ils ont donc été relégués dans un « partenariat oriental », qui sera bientôt porté sur les fonts baptismaux.


Ensuite, il faudra clore « politiquement » ces discussions et fixer une date d’entrée, puis ratifier le traité d’adhésion. Ce qui nécessitera sans doute une année supplémentaire. Bref, on est plutôt à l’horizon 2011. De quoi laisser le temps aux Vingt-sept de régler parallèlement le problème de l’entrée en vigueur du traité de Lisbonne, qui est considérée comme un préalable par de nombreux États membres actuels avant tout nouvel élargissement.

Et ensuite ? On peut imaginer que d’autres candidats seront d’ici là également bien avancés dans leurs négociations. C’est le scénario qui était le plus communément admis. Jusqu’à ce que la crise économique et financière vienne mettre en évidence la grande fragilité de la plupart des économies d’Europe centrale et orientale. Le plus gros contributeur au budget européen, l’Allemagne, a fait ses comptes. Le soutien aux pays baltes et à la Hongrie notamment aura un coût pour l’UE. Si la crise devait se prolonger dans l’ensemble des pays de l’Est, la charge s’alourdira encore, solidarité européenne oblige. Berlin n’ose imaginer ce que serait l’addition si les États balkaniques ou la Turquie étaient déjà membres. C’est en grande partie pour cette raison que le parti d’Angela Merkel s’est prononcé pour une phase de consolidation après la ratification du traité de Lisbonne, officiellement afin de raffermir « l’identité et les institutions de l’Union ».

par Olivier Gosset

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